En proie à de graves difficultés financières, la Cameroun Development Corporation (CDC) bénéficie d'une bouffée d'oxygène grâce à une opération de rachat de créances arrangée par FedhEn Capital. Entamée en juin dernier, cette opération a permis le rachat de 20 milliards de FCFA de créances : 15 milliards apportés par Société Générale Cameroun et 5 milliards par Banque Atlantique Cameroun.
Dans le cadre de cette première tranche, les deux institutions financières ont accepté de reprendre la dette, assortie d'une décote, et de verser le montant correspondant à la CDC. En contrepartie, l'État camerounais, principal actionnaire de l'entreprise, s'est engagé à rembourser progressivement ces banques sur une période de cinq ans. Une deuxième tranche, estimée à 15 milliards de FCFA, est d'ores et déjà planifiée pour l'année prochaine, selon des sources proches du dossier.
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Ce soutien financier vise à apaiser les tensions sociales qui pèsent sur la CDC, acteur clé de l'agro-industrie camerounaise, spécialisée dans la production de bananes, d'huile de palme et de caoutchouc. L'entreprise a été durement touchée par la crise sécuritaire dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui perdure depuis 2016. En septembre 2018, la CDC, alors deuxième employeur du pays après l'administration publique, a dû suspend ses activités, mettant plus de 22 000 employés au chômage.
Si une relative accalmie dans ces zones a permis une reprise partielle des activités, l'entreprise demeure confrontée à des défis de taille. Parmi eux, une dette salariale colossale estimée à 35,7 milliards de FCFA pour la période 2018-2022, dont le nouvel apport financier devrait contribuer à alléger et à redonner un nouveau souffle à l'entreprise.
Un plan de redressement global
L'opération s'inscrit dans le cadre d'un plan de redressement plus large, élaboré sous la supervision du Premier ministre en septembre 2022. Ce plan vise à restaurer la stabilité financière de la CDC tout en relançant sa production et sa compétitivité. L'État camerounais a également exprimé son intention de soutenir d'autres entreprises publiques stratégiques, telles que la Société de Développement du Coton (Sodecoton), la Société d'Expansion et de Modernisation de la Riziculture (Semry) et Pamol Plantations.
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Les défis restent néanmoins immenses pour la CDC. Depuis le début de la crise sécuritaire, les exportations de l'entreprise ont plongé, passant de 71 789 tonnes en 2015 à 24 216 tonnes en septembre 2024, soit une baisse de 66 %. Par ailleurs, les revenus, qui s'élevaient à 55 milliards de FCFA avant la crise, stagnent désormais autour de 20 milliards de FCFA. Reste à savoir si les efforts conjugués de l'État et des partenaires financiers suffiront à lui redonner sa place d'antan sur la scène nationale.

