La Commission bancaire d'Afrique centrale (Cobac) a récemment octroyé le statut de « grand standing et d'importance nationale » à 40 entreprises en activité dans la CEMAC dont 11 implantées au Cameroun. Il s’agit du Port Autonome de Douala (PAD), Tradex Cameroun, Total Energies Marketing Cameroun, MTN Cameroon, Neptune Oil, ENEO, SRC Maya, Cimencam, NHPC, Sodecoton et Prometal. Aux yeux du régulateur bancaire de la CEMAC, ces entreprises ont un poids « particulièrement élevé » dans l'économie locale. Elles ont été choisies sur la base de leurs indicateurs financiers (chiffre d’affaires, résultat net, trésorerie, capital social…). Quatre dossiers ont également été rejetés.
Ce statut, qui est valable tout au long de l’année 2025, permet aux banques commerciales de soumettre certaines entreprises à un régime préférentiel. Ce qu’il faut savoir, c’est que depuis 2010, le dispositif réglementaire (actualisé en 2020) autorise « à titre exceptionnel » les établissements bancaires de la Cemac à réduire leur niveau de provisions sur les prêts accordés à certaines entreprises. Concrètement, la Cobac a défini des taux de pondération pour provisions à constituer par les banques lorsque le prêt qu’elles accordent à leur clientèle n’est que partiellement couvert par une garantie. Ce taux oscille entre 0% ;25% ; 50% ; 75% et 100% selon le profil de risque du créancier.
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Concernant les entreprises qui bénéficient du statut de « grand standing et d’importance nationale », l’exigence de provisionnement pour les banques est réduite de 25 % depuis 2020 (ce taux était de 50% dans le texte de 2010) car le régulateur estime qu’elles ont déjà de solides garanties. Ainsi, elles disposeront de plus de marge de manœuvre pour pouvoir se financer auprès du système bancaire. Un coup de pouce pour financer leur développement et leur trésorerie.
Il faut rappeler que pour le compte de l’année 2024, le Cameroun n’avait pu inscrire que 6 sociétés sur la liste de la Cobac sur 11 propositions. Les 5 autres qui avaient été recalées pour états financiers non certifiés sont revenus à la charge cette année avec un bien meilleur dossier. Il est difficile de mesurer l’impact que cette mesure a eu en 2024 sur le tissu productif camerounais.
Cela intervient dans un contexte où ces dernières années, le système bancaire a plus financé les États délaissant presque le privé.

