La société publique Cameroun Water Utilities (CAMWATER) a officialisé, le 13 février, la signature des conventions de financement et des marchés relatifs à la reconfiguration du réseau d’alimentation en eau potable de Yaoundé. L’enveloppe mobilisée atteint 111,6 milliards FCFA pour les deux premiers lots, financés par ING Bank et Belfius Bank, tandis qu’un troisième lot de 25,2 milliards FCFA sera couvert par Deutsche Bank, via sa filiale italienne. Au total, près de 137 milliards FCFA seront investis pour restructurer un réseau vieillissant, marqué par d’importantes pertes techniques et une pression insuffisante dans de nombreux quartiers.
Les entreprises SPAC Technic et le groupement belge Putman/Phonix Environnement interviendront sur les deux premiers lots, tandis que l’italien Gruppo Aturia prendra en charge le troisième.
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Les travaux, prévus sur une durée de 36 mois, porteront sur la pose ou la réhabilitation de 455 km de canalisations, la construction de trois réservoirs d’une capacité cumulée de 13 250 m³, ainsi que la création de trois nouvelles zones de distribution. L’objectif est de permettre l’absorption optimale des 480 000 m³ d’eau produits quotidiennement par les stations de Batchenga (PAEPYS), Akomnyada et Mefou.
Inauguré en août 2024, le Projet d’Alimentation en Eau Potable de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga (PAEPYS) a considérablement accru la capacité de production. Mais le réseau de distribution, resté sous-dimensionné, n’a pas suivi cette montée en puissance. Résultat : rationnements persistants, fuites massives et difficultés d’accès dans les quartiers périphériques en pleine expansion.
La reconfiguration vise à porter le rendement du réseau de 52% à 75%, garantir une pression minimale de 1,5 bar et permettre la réalisation de 30 000 nouveaux branchements.
Pour CAMWATER, l’enjeu est également financier. L’amélioration de la desserte devrait permettre une augmentation de 60% du chiffre d’affaires généré dans la zone de Yaoundé et ses environs, en réduisant les pertes techniques et en élargissant la base d’abonnés.
Ce chantier s’inscrit dans un projet plus ancien, envisagé dès le milieu des années 2010 dans le cadre du PAEPYS, avec l’ambition de développer simultanément les capacités de production et de distribution. Initialement, un financement concessionnel de la Banque mondiale avait été envisagé, avant que l’option d’un appui de la Banque africaine de développement ne soit étudiée. Mais les contraintes budgétaires, les arbitrages techniques et les lenteurs dans la structuration financière ont retardé sa mise en œuvre.
Dès avril 2025, le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (MINEPAT) avait été habilité à conclure les accords de financement.
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Au-delà de Yaoundé, le projet s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND-30), qui identifie l’accès à l’eau potable comme un levier essentiel de compétitivité économique et d’amélioration du climat des affaires, au bénéfice notamment des industries, des établissements scolaires et des structures hospitalières.

