Dans le cadre de la loi de finances 2026, le gouvernement camerounais table sur un Budget d’investissement public (BIP) s'élevant à 2 031,2 milliards FCFA. Cette enveloppe a été dévoilée le 13 janvier 2026 par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire(Minepat), lors de la cérémonie de lancement officiel du budget de l’État pour l’exercice en cours. L'événement, qui s'est tenu à Ngaoundéré dans la région de l'Adamaoua, marque le point de départ de l'exécution des projets de développement prioritaires, avec un accent particulier mis sur le parachèvement des infrastructures de croissance et le renforcement des services sociaux de base sur l'ensemble du territoire national.
À l’analyse, le Budget d'Investissement Public (BIP) pour l'exercice 2026 affiche une progression de 179,1 milliards FCFA, soit une hausse de 9,7 % par rapport à l'année précédente. Toutefois, en dépit de cette croissance en valeur absolue le BIP ne représente que 23,4 % de l'enveloppe globale de l’État, dont le budget total a été voté à 8 816,4 milliards FCFA. Cette proportion marque un recul de 0,8 point en glissement annuel, traduisant une érosion relative de la part consacrée à l'investissement au profit des dépenses de fonctionnement.
Cette tendance semble s'éloigner des objectifs fixés dans la Stratégie nationale de développement (SND30), où Yaoundé ambitionne de porter l'investissement public à hauteur de 40 % du budget global à l'horizon 2030afin de stimuler durablement la croissance économique prévue autour de 8%contre 4,3% seulement projetée pour 2026.
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Au cours de la 8e session du Comité technique interministériel d’experts chargés de l’examen des dossiers de maturité des projets d’investissement public soumis par les maîtres d’ouvrages en septembre 2024, le Minepat avait pourtant fait des suggestions pour relever le budget alloué au BIP. Le département ministériel indiquait l’impérieuse nécessité » de n’inscrire de nouveaux projets au budget de l’Etat que lorsqu’il existe un espace budgétaire garantissant la prise en charge dans les délais desdits projets. Dans le même sens, le Cameroun devait également renforcer l’efficacité de l’investissement public en mettant un accent sur la maitrise des coûts des projets et leur préparation ainsi que la qualité des dépenses. Cette maîtrise des coûts permettrait à l’Etat non seulement de prévenir des lenteurs liées aux fonds mais aussi, d’engranger quelques économies.
Pour rappel, si l'enveloppe globale du Budget d'Investissement Public (BIP) demeure modeste au regard des défis actuels, l'efficacité des ressources mobilisées pose également question, tant les résultats peinent à se concrétiser sur le terrain. Selon les données communiquées par le Ministre des Finances, Louis Paul Motaze, le taux de réalisation physique des projets s'établissait à 87 % à fin novembre 2025, une performance quasi identique à celle de l'année précédente. Toutefois, ce chiffre masque des carences structurelles persistantes.
Le ministre souligne en effet que « des insuffisances subsistent, notamment l’appropriation insuffisante des procédures de contractualisation, d’exécution et de suivi des projets par certaines Collectivités Territoriales décentralisées(CTD), le démarrage tardif de chantiers dont les contrats sont pourtant déjà notifiés, ainsi que l’abandon de plusieurs projets ».
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