Au Cameroun, la construction de logements sociaux peine à suivre la cadence imposée par les ambitions nationales. Selon le « Rapport d’évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement(SND30) » publié par le ministère de l’Économie, le parc de logements neufs est passé de 2 500 unités en 2020 à 3 600 en 2025. Bien que cette progression représente un ajout de 1 100 habitations en cinq ans, le bilan reste largement en deçà des prévisions. Le gouvernement s'était en effet engagé sur la production d'un minimum de 17 000 nouveaux logements sociaux à l'horizon 2025. Avec un tel écart, le pays affiche un gap de 13 400 unités, soit 21,2 % de l’objectif fixé.
Ce retard structurel met en lumière l'immense défi de l'accès à un logement décent face à une poussée urbaine galopante. Selon le rapport d'évaluation de laSND30, « l’habitat social demeure inaccessible aux couches les plus défavorisées ». En effet, malgré les subventions de l’Etat, le logement le moins onéreux est proposé à 17 millions FCFA à l'achat ou 50 000 FCFA en location mensuelle. Ces coûts apparaissent prohibitifs au regard du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig), fixé à seulement 60 000 FCFA depuis mars 2023.
Par ailleurs, la même source souligne que la proportion de la population vivant dans un habitat décent a progressé, passant de 40 % en 2020 à 47 % en 2025.Bien que cette hausse de 7 points soit encourageante, elle reste nettement en deçà de l'objectif de 60 % initialement visé pour cette période. À l'échelle nationale, le déficit global en logements sociaux demeure préoccupant, avec un besoin estimé à 2,5 millions d'unités.
Il convient néanmoins de rappeler que, dans le cadre de la SND30, le gouvernement a souscrit à plusieurs engagements majeurs pour dynamiser le secteur immobilier. L’une des priorités consiste à accroître l’offre de logements, tant publique que privée, en renforçant la disponibilité des réserves foncières et des parcelles aménagées. Cette stratégie repose notamment sur l’aménagement préalable de nouveaux quartiers urbains.
Par ailleurs, l’exécutif s’est engagé à « promouvoir l’usage des matériaux locaux »afin de réduire significativement les coûts de construction. Ce volet s'accompagne d'une volonté de restructurer les bras séculiers de l'État dans le secteur — à savoir le Crédit Foncier du Cameroun (CFC), la Société immobilière du Cameroun (SIC) et la Mission d'Aménagement et d'équipement des terrains urbains et ruraux (Maetur) — dans l'optique d'accroître leurs performances opérationnelles.
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