Le 16 décembre 2025, Alamine Ousmane Mey, ministre camerounais de l’Economie et l’ambassadeur de la Corée du Sud à Yaoundé Nam Ki-Wook ont conjointement procédé au lancement des futurs centres de formation dans le cadre du Projet d’accélération de la sensibilisation numérique et renforcement des capacités pour la transformation du service public du Cameroun. Ce programme sera financé à hauteur de 4,64 milliards FCFA dont 15% à mobiliser par l’Etat du Cameroun et 85% par la Corée du Sud « sous forme de don ».
Étalé sur une durée de quatre ans, le projet ambitionne de catalyser la modernisation de l’administration publique camerounaise à travers deux axes majeurs. D’abord, la formation ciblée des fonctionnaires pour maîtriser les outils numériques et les nouvelles méthodologies de gestion administrative et le développement de contenus numériques adaptés aux besoins spécifiques de l'administration, favorisant la dématérialisation et l'efficacité des services. Pour concrétiser cette vision, il est prévu la création de centres d’incubation digitale au sein de trois établissements publics. D’abord, l’Ecole nationale de l’administration et de la Magistrature (Enam) qui forme des cadres de l’administration. Ensuite, l’Institut supérieur de Management public (Ismp) ouvert aux recyclages des fonctionnaires et l’Ecole nationale supérieure des postes et télécommunications et des technologies de l’information et de la communication (Sup’pTic) qui forme les jeunes dans les métiers des NTIC.
Le projet s'est fixé un objectif de former 10 000 responsables publics par an. L'ambition générale est de « promouvoir l’introduction de l’administration électronique au Cameroun en sensibilisant et en renforçant les capacités des fonctionnaires camerounais en la matière et en jetant les bases nécessaires à la modernisation administration du gouvernement camerounais », indique le Minépat. Les principaux résultats attendus pour atteindre ce e-Gouvernement incluent : la création d’une plateforme éducative numérique dédiée, la mise en place d’un salon de l’administration en ligne pour présenter les avancées et les services, la conception et l’élaboration d’un programme complet sur l’administration en ligne, le développement de contenus numériques spécifiques et la mise en place d’un projet pilote pour tester et valider les nouvelles méthodes de travail dématérialisées, etc.
Pour rappel, le 31 décembre 2018, le Chef de l’État Paul Biya, soulignait l'urgence de cette mutation en s’adressant à la Nation, affirmant qu'il était « indispensable que nous fassions davantage pour intégrer les progrès du numérique dans le fonctionnement de nos services publics et de notre économie ». Ainsi, le 10 juillet 2023, Joseph LE, ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), et l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA) ont signé un Record of Discussion après quatre années de négociations au sujet du projet mentionné plus haut. Le Minfopra avait expliqué à la même occasion que la finalité de la dématérialisation est de « gagner en temps, mais aussi, faire des économies importantes dans notre façon de faire. Parce que la lutte contre la corruption passe également par-là ».

