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Cameroun : 5 mois après le départ du tchadien Encobat, le projet de construction de la route Douala-Bonepoupa piétine

D’après le récent rapport de la revue des projets routiers relevant du portefeuille du ministère des Travaux publics, les travaux qui devaient être livrés au mois de mars dernier ont une fois de plus été reportés à l’année 2025.

Publiée vendredi 3 mai 2024 à 16:50:37Modifiée dimanche 5 mai 2024 à 10:58:12Temps de lecture 4 minPar Benedicte NGONO

Vue aérienne du chantier de la route Douala-Bonepoupa

Depuis le démarrage au Cameroun des travaux de construction de la route Douala-Bonepoupa en février 2017, le projet affiche à peine un taux de réalisation d’environ 50%. Tout part de l’ancienne entreprise tchadienne Encobat, adjudicataire des travaux qui en 6 ans, a consommé 49% du financement du projet soit 11 milliards de Fcfa sur 26,5 milliards de Fcfa, pour un taux de réalisation de 39% en mai 2023. Une situation qui exaspère Emmanuel Nganou Djoumessi, le ministre camerounais des Travaux publics (Mintp). En novembre 2023, ce dernier a résilié le contrat de cette entreprise pour l’attribuer à une autre, la camerounaise Cabte.

Lire aussi : Route Douala-Bonépoupa : après résiliation du contrat, l’Etat réclame 7 milliards de Fcfa au tchadien Encobat BTP

Cependant, cinq mois après le départ d’Encobat, le projet peine à évoluer. D’après le maître d’ouvrage, la première raison est la "non-contractualisation du marché de l’entreprise Cabte". En effet, l’entreprise a été choisie sous un processus de force majeure qui a induit sa mobilisation par anticipation sur le terrain. « Il y a un seuil (montant) pour lequel l'autorisation de la présidence de la République est requise pour la contractualisation du marché de chaque entreprise ; le ministère en charge des Marchés publics étant lui-même rattaché directement à la présidence. Et les premières opérations de l'entreprise sur le terrain ont consisté au maintien de la circulation. En lien avec le marché, les prestations exécutées à date concernent les terrassements, la mise en œuvre de la couche de fondation, les travaux d'assainissement et le traitement des fondrières en cours », explique une source ayant connaissance du dossier. 

Lire aussi : Route Douala-Bonepoupa : vers une longue attente pour la livraison des travaux malgré le départ imminent du Tchadien Encobat

De plus, sur le plan technique, la contrainte majeure se situe visiblement sur la difficulté à traiter les fondrières. Pour pallier la situation, le Mintp a opté pour la solution du géogrille. « De manière concrète, il s’agit de la mise en œuvre d’un matériau géosynthétique qui va permettre de protéger le sol des eaux souterraines. Il s’agit d’une solution efficace et économique qui combine d’une part, un polymère performant chargé d’absorber les matières et, d’autre part, des géotextiles stables sur le plan mécanique », apprend-t-on.

Lire aussi : Station de traitement des boues de vidange : le mauvais état de la route Douala-Bonépoupa freine l’avancement du projet

 En attendant que cette innovation puisse sortir le projet de l'impasse, rappelons que le projet de construction de la route Douala-Bonépoupa (33 km) intègre le volet routier du Plan d’urgence triennal (Planut) dont le coût est évalué à 26,556 milliards de Fcfa pour la réalisation des travaux et d’environ 2 milliards de Fcfa pour le contrôle y afférent. Censés être livrés au mois de mars dernier, les travaux viennent une fois de plus d’être reportés pour l’année 2025 sans plus de précisions sur le temps, à encore les confidences d'une source au ministère des Travaux publics. Il n’est pas fortuit de souligner que la route supra indiquée n’est pas le seul projet financé par le Planut qui piétine. A titre d'illustration, Dans la région de l’Ouest, la construction de la route Foumban-Koupamatapit (54 km) n’est pas livrée 5 ans après le début du projet. Avec un taux d’avancement de 32,09% en janvier dernier, l’entreprise tunisienne Soroubat n’a pas effleuré 50% à date. Pour preuve, l’on déplore une « faible cadence ». Pourtant, le Mintp a servi à l’entreprise adjudicataire, la notification du constat de défaillance qui présageait le déclenchement de la résiliation du contrat sur ce projet de 43,7 km.

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