L'«Enquête de satisfaction auprès des contribuables sur les services de la Direction générale des Impôts au Cameroun» réalisée par le cabinet TDR Consulting mandaté par la DGI avec le soutien de la coopération allemande (GIZ), fait apparaître un taux d’insatisfaction de 59,5 % envers les services numériques de la Direction générale des Impôts (DGI). Parmi les 1 159 contribuables que le cabinet dit avoir interrogés, 17,9 % se déclarent « très insatisfaits » et 41,6 % « insatisfaits », tandis que seulement 27,98 % expriment un avis favorable. En termes de profil des sondés, plus de la moitié (50,9 %) dépend des Centres divisionnaires d'impôts (CDI), 37,6 % des Centres d’impôts des moyennes entreprises/centres spécialisés des impôts (CIME/CSI) et 11,5 % de la direction des grandes entreprises.
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Dans le détail, le rapport évalue le niveau de satisfaction vis à vis de 15 services digitaux mis en place par le fisc camerounais pour alléger les procédures. Les services d'importation et de vente de véhicules en ligne obtiennent les taux de satisfaction les plus élevés, avec respectivement 42,86 % et 42,86 % des répondants. Les autres services digitaux suivent avec des taux de satisfaction moindres, tels que l'enregistrement des actes (38,56 %), le renouvellement de la carte grise (36,71 %) et le téléchargement d'une attestation de conformité fiscale (36,65%). En revanche, les services tels que les télépaiements (29,27 %), le numéro vert (19,35 %), les télédéclarations des particuliers (29,60 %) et les remboursements de TVA (26,67 %) affichent des taux de satisfaction parmi les plus bas de l'échelle.
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Plusieurs raisons justifient cette mauvaise perception des innovations digitales de la DGI par le public. Il s’agit de « la mauvaise couverture du réseau (89,73%), le dysfonctionnement fréquent du système (89,01%), l’instabilité du mot de passe (55,14%), la complexité d’utilisation (29,20%) et le guide d’utilisation incomplet (18,01%). L'étude révèle également que le niveau de connaissance et d'utilisation de certains services digitaux proposés par le fisc camerounais est faible. À titre d’exemple, seulement 9,5 % des contribuables connaissent le numéro vert, et seuls 3,3 % l'ont déjà utilisé. De plus, le taux national de connaissance de l’enregistrement des actes est de 37,1 %. Il en est de même pour les services numériques d'importation des véhicules 20 %, des contribuables déclarent en avoir connaissance alors que l'utilisation reste faible, avec seulement 4,1 % des contribuables ayant utilisé le service. Pour inverser la tendance, le rapport de la DGI fait une série de recommandations. Il s’agit principalement de « mettre en place un mécanisme de feedback permanent devant permettre l’amélioration des services offerts par la DG ; assurer la formation des personnels de la DGI pour que ceux-ci soient mieux outillés pour apporter l’encadrement nécessaire aux contribuables ; améliorer la présentation du site de la DGI et la plateforme harmonie de sorte à faciliter l’accès des contribuables aux services, etc. »
Pour mémoire, dans une interview accordée au média à capitaux publics Cameroon Business Today le 11 mai 2022, l’ancien DGI Modeste Mopa Fatoing faisait remarquer que jusqu’en 2013, la quasi-totalité des procédures fiscales étaient manuelles. Mais celles-ci se sont digitalisées de façon progressive. Cette dématérialisation a sans doute eu un impact positif sur la mobilisation des recettes fiscales. Selon le document de programmation économique et budgétaire 2025-2027, elles ont bondi de 204,4% passant de 855,7 milliards de Fcfa en 2010 à 2 622 milliards de Fcfa en 2023 (14 ans). Après 998,7 milliards de Fcfa attendus en 2024, ce chiffre devrait s’établir à 4 410,7 milliards de Fcfa en 2025 selon la loi de finances.
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