Au Cameroun, la recrudescence des accidents de la circulation est d'abord imputable au comportement des usagers de la route. C'est le constat dressé par le ministre délégué auprès du ministre des Transports, Njoya Zakariaou, lors d'une séance plénière à l'Assemblée nationale le 19 juin dernier. Selon les données présentées, le facteur humain est responsable de 70 % des accidents, loin devant l'état des véhicules (20 %) et les infrastructures routières (10 %).
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Ces deux derniers cas de figure représentent ainsi, 30% des causes des accidents sur la voie routière. La preuve, le membre du gouvernement a précisé que « durant la seule année 2025, le ministère des Transports est parvenu à la prévention de 644 318 facteurs de risques d’accidents de la circulation routière. Parmi ces facteurs de risques, on a relevé 30 015 cas de fatigue et de somnolence au volant, 4 333 cas de manipulation du téléphone au volant, 582 319 cas d’excès de vitesse, 26 205 cas d’absence de ceinture de sécurité et 1 446 cas de distraction au volant ».
À l'observation, la répartition de ces responsabilités est restée quasiment statique sur le long terme. Une étude du cabinet Cyscom, publiée en 2021 pour le compte du ministère des Transports, indiquait déjà que sur la période allant de 2011 à 2017, le Cameroun avait enregistré 21 049 accidents de la route, lesquels avaient coûté la vie à 7 203 personnes. À cette époque, l'état du véhicule s'imposait déjà comme la deuxième cause de ces drames avec 17 % des cas, juste devant les infrastructures routières (10 %) et derrière l'excès de vitesse, alors responsable à lui seul de 35 % des accidents.
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Sur la question des infrastructures routières, le ministre des Travaux publics (Mintp), Emmanuel Nganou Djoumessi, a révélé devant les députés le 12 juin dernier qu'au31 décembre 2025, seuls 48 % du réseau routier camerounais était en bon état, contre 52 % de routes dégradées, sur un linéaire global de 121 873 km. Pour le MinT, les accidents matériels ont connu une explosion passant de 5163 en 2018 à9 706 cas en 2023. « Cette évolution reflète vraisemblablement la croissance du parc automobile, l’urbanisation rapide et la congestion accrue des grandes agglomérations ».
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Selon les données de ce même département ministériel, le nombre de véhicules immatriculé sâgés de plus de 20 ans est passé de 9 314 en 2014 à 20 934 en 2024, soit plus du double en l'espace de 11 ans. À l’inverse, le renouvellement des véhicules se contracte fortement, puisque seulement 31 260 véhicules neufs de moins d'un an ont été immatriculés en 2024, contre 48 406 en 2014.
Revoir les politiques publiques
Interrogé sur la question, Martial Manfred Missimikim, expert en sécurité routière, estime que si les changements climatiques jouent un rôle, les défaillances humaines et l'orientation des politiques publiques sont à revoir car « l'on a la capacité et les moyens de faire face à cette difficulté infrastructurelle par l'anticipation, notamment en réalisant des audits et des inspections régulières des véhicules ».
Sur la question routière, l'expert suggère entre autres, la contractualisation d'entreprises chargées d'assurer la maintenance continue des axes routiers dès la fin des chantiers. Il préconise également une amélioration structurelle des infrastructures afin que la chaussée soit dimensionnée en fonction de la densité réelle du trafic, ce qui impose la réalisation d'études techniques rigoureuses en amont pour calibrer efficacement l'épaisseur et la structure des voies.
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