La première phase du 3e recensement général des entreprises axée sur la cartographie et le dénombrement des entreprises, réalisée au troisième trimestre 2023 par l’Institut national de la statistique (Ins) et dont le rapport vient d’être rendu public, fait état de ce qu’en termes de nationalité des promoteurs et des principaux dirigeants d'entreprises, les Camerounais restent très majoritaires, bien que leur proportion soit en baisse par rapport à 2016. Le document renseigne que 93,7% des entreprises ont été créées par des nationaux et 96,6% sont dirigées par ceux-ci. Les ressortissants du Nigeria, avec 0,9% de représentation dans l’échiquier national des entreprises, constituent la deuxième nationalité la plus représentée après les Camerounais, mais leur proportion est également en baisse. Hors d'Afrique, la Chine reste le pays le plus représenté parmi les promoteurs étrangers (0,1%), suivi de la France et des autres pays européens, ce qui reflète une continuité des intérêts économiques de ces pays sur le territoire national, marquée par des stratégies d’intelligence économique.
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Les entrepreneurs originaires d’autres pays d’Afrique hors Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) représentent 0,8 du total, tandis que ceux issus des autres pays de cet espace communautaire pèsent 0,2% dans le classement. Sur la démographie des entreprises, l’Ins note que le contexte sanitaire de 2020 lié à la pandémie du Covid-19 a contribué à fragiliser davantage les unités économiques, confrontées depuis longtemps à un environnement peu favorable à leur pérennité. Les résultats indiquent qu’en 2023, 78% des entreprises recensées ont été créées au cours des sept dernières années, une tendance similaire à 2016, mettant toujours en évidence la jeunesse des entreprises et un taux de mortalité très élevé. En effet, les entreprises ayant atteint leur cinquantième année ou plus représentent moins de 0,4%.
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Par ailleurs, en 2022, la participation des pays étrangers dans le capital social des entreprises déposant une déclaration statistique et fiscale (DSF) demeure faible, avec seulement 2% d’entités ayant un capital social détenu majoritairement par des étrangers, contre 1% en 2015. Toutefois, sur les 3 500 milliards Fcfa comptabilisés comme capital social en 2022 dans les entreprises déposant une DSF, la part étrangère est significative, représentant 25,1%. En somme, les entrepreneurs étrangers bien que peu nombreux par rapport aux nationaux, détiennent une part importante du capital social des entreprises. Les activités les plus attractives de l’investissement étranger sont, notamment, les industries extractives (hydrocarbures, minerais solides), l’énergie, la finance, et certaines industries manufacturières. Concernant la mise en place des entreprises, la plupart (78,6%) des entreprises sont financées au démarrage de leur activité par des fonds issus de leur l’épargne personnelle, tandis que le financement par la tontine est cité par 10,5% d’entreprises et apparaît comme deuxième source de financement, particulièrement pour les TPE.
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Pour le reste, ce troisième recensement a permis de dénombrer 438 893 unités économiques réparties sur l'ensemble du pays, dont 430 011 entreprises sièges et 8 882 établissements. La plupart de ces unités se situent dans la région de recensement de Douala (33,0%), suivie de celles de Yaoundé (19,7%) et l’Ouest (9,7%). L’on note que la forte dynamique du tissu des entreprises, observée en 2016 (+122,9%), s’est maintenu en 2023 (+109,5%), le stock d’unités économiques passant de 209 482 à 438 893. Le secteur tertiaire représente 85,6% des unités économiques, témoignant d'une légère hausse par rapport aux 84,4% de 2016. Par ailleurs, le nombre d’entreprises dans le secteur primaire a plus que triplé entre 2016 et 2023, passant de 353 à 1 469 entités, grâce à l'élargissement du champ de recensement aux activités de pêche artisanale et de pisciculture.

