Gaz du Cameroun (GDC), unique producteur et distributeur de gaz industriels et d’oxygène médical à Douala, peine depuis plusieurs mois à assurer la fourniture des sociétés industrielles utilisant le gaz naturel comme source d’énergie. L’entreprise soumet ses clients, au moins 41 unités industrielles si l’on s’en tient au chiffre communiqué en juin 2019 par la Société nationale des hydrocarbures (SNH), à un rationnement de gaz qui oblige ces unités à rechercher des sources alternatives de combustibles qui coûtent jusqu’à 2,5 fois plus cher, à l’instar du gasoil et du fioul. Il s’agit là d’une situation assez grave qui ne devrait pas tarder à entraîner une augmentation des prix sortie usine si les entreprises devaient répercuter les surcoûts de production liés aux dépenses en carburants pour faire fonctionner les usines. Des sources dignes de foi confient, s’agissant de cette rareté du produit, que les puits existants exploités par GDC sont désormais appauvris, parce qu’en fin de vie. A côté du facteur lié à la faible productivité des puis en exploitation, nos informateurs affirment que les installations de cet opérateur gazier ne sont pas toujours adaptées à ces nouveaux combustibles.
Filiale Du géant britannique Victoria Oil & Gas, Gaz du Cameroun fournit du gaz naturel liquéfié (GNL) et du gaz naturel comprimé (GNC) à plus de quarante entreprises raccordées à un réseau de pipelines long de plus de 40 kilomètres qui s’étend entre les zones industrielles de Douala Bassa et Bonaberi, exploite les réserves de gaz naturel de Logbaba, toujours dans la capitale économique du Cameroun, depuis 2009. Elle avait acquis le permis d’exploration sur ce site en 2001. Depuis plusieurs années, cette société et son partenaire public, la SNH qui gèrent les contrats pétroliers et gaziers pour le compte de l’Etat du Cameroun, peinent à concrétiser l’extension de son exploitation au bloc de Matanda, à cheval entre les régions du Littoral et du Sud-Ouest, sur lequel elle détient également un permis d’exploitation. Les études prospectives réalisées par GDC ont estimé à plus de 1196 milliards de pieds cubes de gaz le potentiel de ce champ. « Les travaux se poursuivent sur la conception des puits, le site et la sélection des gréements [Ensemble du matériel nécessaire à la manœuvre des navires à voiles ; à l'amarrage et à la sécurité de tous les navires, Ndlr]. Sous la direction du ministère de l'Environnement, la Société a tenu des audiences publiques dans les villages à proximité des emplacements potentiels de puits de surface qui ont été très fréquentés. Au cours de ces réunions, l'étude d'impact environnemental et social était disponible pour être lue et toute autre questions soulevées », renseigne un rapport de l’entreprise publié en mai 2021.
Cette année-là, la production journalière de GDC atteignait les 6 millions de Scf (pieds cubes standards), d’après la SNH. A titre indicatif, souligne une source proche du dossier, Gaz du Cameroun devrait avoir atteint à ce jour un marché de 30 millions de scf/jour. Mais, l’entreprise en est à moins de 25% de la satisfaction des besoins de ses clients. Il faut dire qu’en dehors de GDC, seul le méthanier Hilli Episeyo, l’unité flottante de gaz naturel de Kribi, produit également du gaz naturel liquéfié. Sa production est en en partie destinée à la Kribi Power Development Company (Kpdc), le producteur indépendant d’électricité à base de gaz, dont le pendant dans la production de l’électricité à base de fioul lourd est Douala Power Development Company (Dpdc). Le reste de sa production est destiné à l’exportation.

