La Compagnie camerounaise de l'aluminium (Alucam), unique producteur d'aluminium dans la zone CEMAC, a de nouveau terminé une année dans le rouge. Selon les états financiers de l’exercice clos le 31 décembre 2024, le chiffre d’affaires a baissé d’environ 10,4% à 94,4 milliards FCFA. Pis, l'entreprise publique a enregistré une perte de 23,8 milliards FCFA au cours de la période sous revue. Cette dégradation représente une augmentation marginale de 0,9% par rapport à l'exercice précédent, où les pertes s'élevaient à 23,6 milliards FCFA, aggravant ses capitaux propres déjà déficitaires, désormais estimés à -52,2 milliards FCFA. Cette situation financière accentue la vulnérabilité d’une société qui, depuis plusieurs exercices, peine à restaurer ses équilibres.
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Depuis 2019 en effet, les capitaux propres de l’entreprise sont passés en dessous du seuil réglementaire fixé par l’OHADA, qui impose leur reconstitution à hauteur d’au moins la moitié du capital social. Mais malgré la convocation d’une Assemblée générale extraordinaire de l’entreprise en 2020, la dissolution anticipée n’avait pas été prononcée et la situation n’a cessé de se dégrader avec des pertes estimées à 8 milliards FCFA en 2022, 23,6 milliards en 2023 et 23,8 milliards en 2024. De même, les capitaux propres sont demeurés négatifs toutes ces années, passant notamment -28,3 milliards FCFA en 2023 à -52,2 milliards FCFA en 2024.
Risque de dissolution
Dans leur rapport, les commissaires aux comptes sont catégoriques : « Le délai dont disposait Alucam pour régulariser la situation étant écoulé depuis la clôture de l’exercice 2021, nous attirons votre attention sur le fait que tout tiers intéressé pourrait demander la dissolution de la société ». Pour autant, un souffle nouveau se dessine. En août 2024, Alucam a signé avec Proalu, filiale du groupe Prometal, un contrat d’approvisionnement de 2 500 tonnes par mois, soit l’équivalent de 4 milliards FCFA d’achats mensuels et un chiffre d’affaires sécurisé de près de 48 milliards FCFA par an.
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Cet accord, qui assure un débouché régulier à la production locale, doit permettre de renforcer la filière aluminium nationale, avec à la clé une substitution aux importations de bobines et de câbles estimée à 27 milliards FCFA par an. Une perspective saluée par les autorités, qui y voient le premier jalon d’une véritable filière bauxite–alumine–aluminium dans le pays. Reste que ce contrat, aussi stratégique soit-il, ne devrait pas suffire à absorber seul l’ampleur des pertes accumulées. Entre capitaux propres durablement négatifs et pression réglementaire croissante, Alucam devra démontrer sa capacité à transformer cette opportunité industrielle en un levier de redressement financier.

