Chargement des breaking news...
Politiques PubliquesEecomembre

Cameroun : annoncé en grande pompe, le Plan intégré d’import-substitution démarre au ralenti

Moins de 2 milliards de subventions, 500 tonnes de semences produites ou encore 3 000 hectares de terres agricoles aménagées… dans son allocution de présentation du Programme économique du pays pour l’exercice budgétaire 2025, le Premier ministre du Cameroun a révélé des statistiques affichant le profond retard du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah) par rapport à ses objectifs annuels.

Publiée mercredi 4 décembre 2024 à 10:16:32Modifiée mercredi 4 décembre 2024 à 10:16:34Temps de lecture 4 minPar Vicky BAGAL

Le Piisah démarre timidement

Le 1er décembre dernier, Joseph Dion Ngute, Premier ministre du Cameroun a présenté le Programme économique, social et culturel du Cameroun pour l’exercice 2025 dans lequel ont été évoqué les premiers résultats du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah) 2024-2026, 9 mois après son lancement au début de l’année en cours. Ce plan aurait permis à l’Etat de sécuriser 200 000 hectares de terres dans la Plaine Centrale, dont 3 000 hectares aménagés par un opérateur privé. « 452 tonnes de semences ont été produites par l’Irad ; 12 800 tonnes de farines locales produites … » selon le PM.

Ces chiffres révèlent une timide entrée en matière du Piisah en comparaison aux différents objectifs pluriannuels annoncés par Alamine Ousmane Mey, ministre camerounais de l’Economie en mars dernier. Plus précisément, le gouvernement visait un peu plus de 426 000 ha de terres sécurisés pour l’agriculture durant sa 1ère année de mise en œuvre, soit un retard de 226 000 ha à rattraper en moins de 3 mois. Le ministre annonçait également une production de 8 102 tonnes de semences certifiées et améliorées par an ; bien loin des 452 tonnes indiquées par le PM.

Lire aussi : Cameroun : l’Etat veut créer un fonds de soutien de 150 milliards de Fcfa pour son plan d’import-substitution

Axé sur les filières blé, riz, maïs, mil/sorgho/soja, palmier à huile, poissons et bovine laitière, les productions qui étaient sensées croître d’une moyenne annuelle de 40% pour chacune des spéculations précitées. Cependant, en dehors de la filière blé qui a enregistrée une production de 12 800 tonnes, favorisant une colossale hausse de 1 280% par rapport aux moins de 1 000 tonnes produites auparavant, les autres filiales n’ont pas l’air de bouger. Le pays projette d’ailleurs un déficit de plus de 500 000 tonnes de riz en 2024, en hausse de 3% par rapport à 2023. Toute chose qui concoure à amplifier la dépendance du pays aux céréales importées alourdissant la facture des importations qui s’établissait déjà à 200,8 milliards de Fcfa pour cette seule denrée.

Des subventions radines

Au-delà des résultats matériels en contradiction avec les objectifs visés par le Piisah, les subventions prévues pour soutenir les entreprises publiques et parapubliques des différents secteurs ne suivent pas non plus. Pour une année dont le budget de déroulement des activités du Piisah a été arrêté à 248,49 milliards de Fcfa (sur une enveloppe globale de 1 371,54 milliards de Fcfa) Il est indiqué que, depuis le lancement dudit plan, tout juste 1,45 milliard de Fcfa de subventions a été alloué aux entreprises agroindustrielles, soit 750 millions de Fcfa octroyés pour l’achat du riz Paddy au profit de la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semy) et la Upper Noun Valley Development Authority (Unvda)  et 700 millions de Fcfa alloués pour soutenir la production d’huile de palme au bénéfice de Pamol et Cameroon Development Corporation. Dans les deux cas, les financements sont accordés sont bien loin de ceux annoncés au début de l’année.

Lire aussi : Cameroun : l’Etat va accorder une subvention de 12 milliards de Fcfa à la Semry pour l’achat du riz Paddy

Pour ce qui est de la subvention au riz Paddy, le montant décliné par le PM représente moins de 1% du financement annoncé par le gouvernement pour le compte de l’année 2024, soit 14,4 milliards selon le rapport du Piisah. Il n’en est visiblement rien non plus pour les subventions de fonctionnement prévues à 1 milliard de Fcfa pour la Semry et 800 millions de Fcfa pour l’Unvda. De l’autre côté, les subventions en équipements au profit des 03 agro-industries de première transformation de la filière huile de palme (CDC, Socapalm, Pamol) étaient attendues à 5 milliards de Fcfa cette année toujours suivant les objectifs du Piisah.

Ces résultats affichant le faible niveau d’avancement du Piisah pose un doute sur la sortie effective du Cameroun de la dépendance aux importations de produits alimentaires à l’horizon 2026. Pour rappel, en 2023, les dépenses d’importations ont augmenté de 1,7% en glissement annuel, atteignant 4 993 milliards de Fcfa.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Articles similaires

Actuellement en kiosque

Les plus lus

1
2
3
4
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.