Chargement des breaking news...
Banques et FinanceEpremium

Cameroun : cartographie du marché de la microfinance en 2026

La mise à jour du fichier des établissements de microfinance autorisés à exercer au Cameroun, arrêtée au 31 décembre 2025, révèle un secteur en recomposition. Huit établissements ont perdu leur agrément, trois nouveaux acteurs ont intégré le marché, tandis que plusieurs institutions font l’objet de mesures disciplinaires, dont des administrations provisoires et des cessations d’activité.

Publiée lundi 9 février 2026 à 10:10:25Modifiée lundi 9 février 2026 à 10:10:26Temps de lecture 4 minPar Cedrick JIONGO

Microfinance au Cameroun : 8 radiations, 3 nouveaux agréments et 5 sous administration provisoire

Le Cameroun a effectué une mise à jour de son fichier des établissements de microfinance (EMF) autorisés à exercer dans le pays au 31 décembre 2025. Le document, signé par Louis Paul Motazé, ministre des Finances, dresse une cartographie exhaustive des acteurs par région, pour un total de 385 établissements.

Cette mise à jour permet d’informer l’opinion sur les établissements ayant perdu leur agrément, ainsi que sur les nouveaux entrants sur le marché au cours de l’année. La liste arrêtée à fin 2025 fait ainsi apparaître un écart de cinq établissements par rapport aux 390 recensés fin 2024, ce qui suggère qu’au moins cinq EMF ont été déchus de leur agrément et ne sont plus autorisés à exercer. « Le ministre des Finances décline par ailleurs toute responsabilité de son département ministériel pour les transactions ou opérations que pourraient conclure ou effectuer les usagers avec des entités clandestines », précise Louis Paul Motazé.

Huit agréments déchus, trois nouveaux entrants

Une lecture croisée des listes de fin 2024 et de fin 2025 permet, sauf erreur de notre part, de constater que huit établissements agréés en 2024 ne figurent plus dans le fichier actualisé. Il s’agit notamment de la Caisse populaire coopérative de Mbambou, de la Société des investissements pour le développement, du Crédit africain du développement, de la Caisse populaire coopérative des jeunes, ainsi que de Business and Career Microfinance Ltd.
Les raisons de l’absence des trois premières entités ne sont pas précisées. En revanche, pour Business and Career Microfinance Ltd, dont le siège était situé à l’Ouest, la liste 2024 indiquait déjà une cessation d’activité. Une procédure similaire a également été engagée contre la Générale des caisses pour l’épargne et le financement du Cameroun (GECEFIC), Alpha Fund et CECIAC, mais ces procédures étant toujours en cours, ces établissements figurent encore dans le fichier 2025.

Lire aussi : Sous administration provisoire, la microfinance Nofia multiplie son capital par sept à 8,2 milliards FCFA

À Yaoundé, le réseau de microfinance Mutuelle Camerounaise d’Épargne et de Crédit (MUCADEC), constitué de trois établissements, est également rayé de la liste des EMF agréés. Il s’agissait de MUCADEC Organe faîtier, MUCADEC de Mokolo et MUCADEC Warda. Enfin, la Caisse populaire coopérative des jeunes au Cameroun (CAMYISCCUL), agréée en 2018, ne figure plus dans les fichiers du ministère des Finances.

Entre-temps, le marché s’est enrichi de trois nouveaux acteurs ayant obtenu leur agrément au cours de l’année 2025. Il s’agit d’Africa Finance SA, opérant à Yaoundé, agréée en juin 2025 et dirigée par Christelle Njike. Fala Money, basée à Douala, et Regina Pacis Finance, implantée à Limbé, ont également décroché le sésame auprès de l’autorité monétaire.

Administration provisoire et fragilités prudentielles

Le Cameroun demeure le pays comptant le plus grand nombre d’établissements de microfinance dans la zone CEMAC, avec 521 EMF recensés en 2024. Selon la COBAC, les EMF camerounaises ont affiché un total de bilan de 1 160 milliards FCFA en 2024, pour 914 milliards FCFA de dépôts collectés et 659,4 milliards FCFA d’encours de crédits. Avec un résultat net cumulé de 5,2 milliards FCFA, elles restent toutefois moins rentables que celles du Congo, qui ont dégagé 13 milliards FCFA de profits pour seulement 46 établissements.

Lire aussi : Cameroun : un plan de restructuration annoncé pour sauver la microfinance Unics Plc

Une analyse de la situation prudentielle des établissements déclarants révèle un non-respect récurrent de plusieurs normes prévues par la réglementation en vigueur. Selon la COBAC, les principaux manquements concernent notamment la constitution du fonds de solidarité, le ratio de couverture des immobilisations, le ratio de division des risques (limite individuelle), le ratio de couverture des risques et le coefficient de liquidité. En 2025, plusieurs établissements camerounais ont ainsi été placés sous administration provisoire, parmi lesquels FODEC Cam, UNICS Plc, U3C Organe faîtier de Yaoundé, CEPAC Solidarité et NOFIA.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement Premium ou EcoMembre.

Contactez le service client
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Articles similaires

Actuellement en kiosque

Les plus lus

1
2
3
4
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.