Le Cameroun s'engage vers la construction de cinq barrages collinaires à buts multiples dans cinq localités de la Région du Nord, une zone confrontée aux défis de la sécheresse et de l'irrégularité des précipitations. Dans un communiqué publié le 30 octobre 2025, Gaston Eloundou Essomba, le Ministre de l’Eau et de l’Énergie (Minee), a confirmé l'avancement du projet : « le gouvernement du Cameroun, avec l’appui de la Banque africaine de développement, a clôturé les études en vue de la mise en œuvre du Programme de développement de l’agro-industrie dans le Septentrion (PDAS) », a-t-il déclaré.
Lire aussi : Barrage de Bini à Warak : au Cameroun, Savannah Energy prévoit livrer les premiers mégawatts dès 2027
Ces infrastructures, encore appelées retenues collinaires, visent à constituer des réserves d’eau destinées en priorité aux besoins agropastoraux dans les zones arides. Intégrées à la première phase du Programme de développement de l’agro-industrie dans le Septentrion (PDAS), elles seront implantées sur cinq sites de la région du Nord : Barkehi et Ndjam-Badi (Bénoué), Mousgoy et Bassira (Mayo-Louti), ainsi que Poli (Faro). Selon le ministre de l’Eau et de l’Énergie, ces ouvrages permettront de garantir durablement l'accès à l’eau pour divers usages, notamment l’irrigation agricole, l’abreuvement du bétail, la pêche artisanale et la consommation domestique. « L'objectif est de doter les populations d’infrastructures hydrauliques, afin de rendre disponible et de manière durable, les ressources en eau pour divers usages : consommation domestique, agriculture, élevage, pêche, etc.», précise-t-il.
Bien que le coût global des cinq infrastructures collinaires ne soit pas encore officiellement révélé, un rapport d’études d’impact environnemental publié en avril dernier par le MINEE (Ministère de l'Eau et de l'Énergie) a indiqué un budget prévisionnel de 4,9 milliards de FCFA pour le seul barrage collinaire de Poli, ce qui témoigne de l'ampleur de l'investissement.
Lire aussi : Cameroun : trois centrales électriques de 400 MW pour sécuriser le Nord et exporter vers le Tchad
Pour le cas spécifique du barrage de Poli, les réunions de consultations publiques ont été tenues dès juillet 2022, deux ans après la délivrance par le ministère de l’Environnement d’un agrément pour la réalisation des études d’impact et audits environnementaux et sociaux. Ces efforts se concentrent sur des zones réputées pour une production agricole et un élevage intense, incluant notamment le mil rouge, l’arachide, le maïs, le coton, l’igname, le manioc, le macabo, la banane, la tomate, les aubergines et le soja, ainsi que l’élevage du bœuf et du mouton, dont les rendements seraient probablement sécurisés et amplifiés par l'accès pérenne à l'eau.

