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Cameroun: décès de Hubert Nde Sambone, Directeur de l’Agence nationale d’investigation financière

Nommé à la tête de l’Agence nationale d’investigations financière (Anif) depuis sa création il y a 21 ans, Hubert Nde Sambone quitte la scène laissant pendants, plusieurs défis parmi lesquels, celui de sortir enfin le Cameroun de la « liste grise » du Groupe d’action financière (Gafi).

Publiée mercredi 1 avril 2026 à 15:35:28Modifiée mercredi 1 avril 2026 à 15:35:30Temps de lecture 4 minPar Laurent Onguene

Hubert Nde Sambone, Directeur général de l'ANIF

« Le ministre des Finances Louis Paul Motaze, a le profond regret d’annoncer le décès de Monsieur Nde Sambone Hubert, Directeur de l’Agence d’investigation financière (Anif), survenu ce 31 mars 2026, des suites de maladie ». C’est la substance d’un communiqué du membre Minfi. A la tête de cet organe chargée de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme depuis sa création en mai 2005, Hubert Nde Sambone aura passé 21 ans à ce poste.

A la veille de son décès, le natif de la région de l’Est s’est fait représenter à l’ouverture du lancement d’une formation nationale sur la Lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux et le recouvrement des avoirs criminels, présidé dans la matinée du 30 mars à Yaoundé, par le Délégué général à la Sureté nationale (Dgsn) Martin Mbarga Nguelé, en présidence de 36participants issus de 12 institutions étatiques (Conac, Anif, TCS, Beac, SRC,etc.) 

Des défis persistants…

 Le DG del’Anif quitte la scène alors que le phénomène de la criminalité financièrereste persistant malgré les actions entreprises jusque-là. En 2018 par exemple,le regretté mémoire indiquait que l’Anif avait en 13 ans, reçu environ 5 000dénonciations et transmis 700 rapports aux autorités judiciaires et évaluaitles pertes en « milliers de milliards FCFA ». Enjuillet 2019, Hubert Nde Sambone avait été élu président du groupe Egmont pourla région Afrique centrale et de l’Ouest. Il remplaçait alors le nigérianFrancis Usani à la tête de cette organisation qui réunit l’ensemble descellules nationales de renseignement financier de plus de 130 pays  dans le mondeet dont la mission est de lutter contre le blanchiment d’argent et lefinancement du terrorisme.

Lire aussi: Flux financiers illicites : L’Anif sur les traces de 135 milliards de FCFA

Liste grise du Gafi

Toutefois, en juin 2023, le Groupe d’action financière (Gafi) ; organisme mondial de surveillance des capitaux et du financement du terrorisme, a placé le Cameroun et 22 autres pays dans la liste grise des pays qui ne respectent pas les normes internationales en la matière. A cette occasion, Hubert Nde Sambone dans une interview accordée au quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, se projetait résolument pour cette année. « Nous nous fixons nous-mêmes comme date butoir, la fin 2026. Nous allons nous battre pour que le Cameroun sorte de cette liste à cette date ».

Malgré cet optimisme, le niveau d’avancement du Cameroun le 20 février 2026 semblait ne pas donner fière allure. En effet, alors que l'année 2025 devait marquer la fin de la période de « surveillance accrue » selon le calendrier que le pays s'était lui-même fixé, les résultats sont jugés insuffisants par le gouvernement. Ce constat a été dressé le 20 février 2026 par le ministre délégué auprès du ministre des Finances (Mindel-Minfi), Yaouba Abdoulaye, au cours de la session du Comité de coordination des politiques nationales de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme(LBC/FT). « En 2023 (juin), lors de l’inscription, le Cameroun avait 24 actions recommandées à mettre en œuvre. A ce jour, 11 actions sont remplies et il en reste encore 13, soit un taux de réalisation de 46%, largement en deçà des attentes», a déploré le membre du gouvernement », s’est-il offusqué. Avant l’atelier de formation d’Interpol auquel l’Anif prend part jusqu’au 3 avril2026, elle a signé avec la Direction générale des Douanes (DGD) en janvier2024, un accord d'échanges de renseignement et de données pour contrer le blanchiment des capitaux, ainsi que la lutte contre la fraude douanière.

Lire aussi: Anif, Conac, TCS, Chambre des comptes… : pourquoi la lutte contre la corruption piétine

Toujours sous le management de Hubert Nde Sambone, l’Anif du Cameroun et les cinq autres de la CEMAC, ont signé au Gabon le 23 mars 2026, un accord de coopération visant à mutualiser leurs forces contre les flux financiers illicites. C’étaitavec la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf). Selon le rapport pays 2025 de la Banque africaine de développement, le Cameroun aurait perdu environ 56 350,5 milliards FCFA entre 1970 et 2022 du fait du blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme, soit un manque à gagner annuel moyen de 1 084 milliards FCFA.

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