Après de longues années d’attente, les travaux de la phase 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala ont finalement été lancés le 2 octobre 2024. Alors qu’il était jusque-là connu que les travaux coûteraient 899,3 milliards de Fcfa, Emmanuel Nganou Djoumessi, le ministre des Travaux publics (Mintp) a pris le contrepied de l’opinion publique le 8 décembre à Yaoundé lors de la plénière d'adoption de la loi de finances 2025. « Nous n’avons pas encore un coût. Nous avons une estimation sur la base de cette estimation, un contrat commercial est élaboré pour donner aux partenaires techniques de mobiliser les financements conséquents. Le coût s’obtiendra au terme du projet d’exécution qui est déjà achevé et se discutera dans les commissions de passation des marchés », a-t-il souligné.
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Une telle déclaration laisse ainsi libre court à deux hypothèses : d’une part, une possibilité de réduction du montant supra mentionné ou au contraire, une révision à la hausse de ladite somme bien que la trouvent déjà exorbitante des parlementaires à l’instar de Jean Michel Nintcheu du Social Democratic Front (SDF). Pour ce dernier, « à titre de comparaison, le plus important projet routier du Maroc ; l'autoroute Tiznit-Dakhla, d’une longueur de 1 055 km a coûté 1 milliard de dollar soit 622 milliards de Fcfa ». Sauf que visiblement, les caractéristiques brandies par Emmanuel Nganou Djoumessi devant les parlementaires laissent plutôt présager une augmentation du coût du projet.
En effet, pour le Mintp « si cette autoroute se révèlerait plus chère, il faut comparer ce qui est comparable. Nous avons une autoroute de 110 km/h de vitesse de référence. Vous avez une autoroute de 33,5 m de plateforme . Nous avons une autoroute qui traverse un relief vallonné. Il faut en tenir compte. Les autoroutes que certains citent chez nous, nous les avons appelées voies expresse comme celle que nous ferons bientôt entre Campo-Kribi. Et cette voie expresse à une plateforme de 26 m alors que le Cameroun a choisi la plateforme de 33,5 m pour faire deux fois deux voies extensibles à 3 par l’intérieur…La vitesse des autres autoroutes que vous citez est parfois de 80 Km/h dont le niveau de terrassement est suffisamment faible », s’est-il défendu.
Pourtant, il faut « faire plus avec peu »
A l’observation, ces prévisions haussières du ministre des Travaux publics semblent aux antipodes de la réflexion engagée en début novembre dernier sur le redimensionnement de la chaussée partant sur le constat des experts routiers selon lequel, la haussée représente près de 25% à 40% du coût des travaux de bitumage d’une route, et peut aller jusqu’à plus de 70% pour certains travaux de remise à jour. Pour inverser la tendance, « nous sommes dans une démarche de solution adaptée à notre contexte. L’objectif de cette rencontre est de faire plus avec peu ; ce qui doit nous amener à une politique de conception, de construction et de réhabilitation de nos routes de manière durable », confiait-il au quotidien gouvernemental Cameroon Tribune.
Pour rappel, la construction de la phase 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala a été confiée à l’entreprise chinoise China First Highway Engineering Company (Cfhec) ayant réalisé la phase 1 (60 km) en 8 ans. La durée des travaux est prévue à 36 mois dont une prévision de 8 mois de conception et 28 mois pour la construction proprement dite.

