Le 21 juin dernier, lors d'une session ordinaire, le conseil d'administration de l'Électricité Développement Cameroun (EDC) a approuvé les comptes de l'exercice 2023. Une performance financière record a été enregistrée, au terme de l’année écoulée notamment avec un bénéfice de 12 milliards contre seulement 572,7 millions de Fcfa l'année précédente. Le chiffre d'affaires a bondi à 31,1 milliards de Fcfa, contre 10,6 milliards en 2022. Cette forte progression s’explique par une gestion optimisée des ressources et des réformes internes significatives.
« C'est un ensemble de réformes qui ont concouru à ces résultats, notamment la mise en place de manuels de procédures dans la gestion, la rationalisation des dépenses et l'amélioration de la qualité des dépenses. Au niveau du personnel, nous avons instauré un système biométrique », confie une source au sein d'EDC. L'entrée en service de l'usine de Lom Pangar et la concrétisation de nombreux projets ont également joué un rôle déterminant.
Une situation financière précaire
Malgré ces performances record, le Conseil d'administration a exprimé des préoccupations quant à la santé financière d'EDC qui reste « précaire ». La société continue de rencontrer des difficultés majeures dans le recouvrement des redevances d'eau, sa principale source de revenus. Bien que l'exercice 2023 ait permis d'encaisser 12,5 milliards de Fcfa, la situation reste tendue.
Les droits d'eau, par lesquels l'État camerounais vend l'eau des barrages hydroélectriques sous forme de redevance à EDC, sont essentiels pour rembourser les dettes et financer les opérations et investissements de EDC. Selon le rapport 2022 de la CTR, les factures y relatives s'élèvent à 34,92 milliards de Fcfa, dont 11,9 milliards pour les redevances d'eau et 23 milliards pour la vente d'électricité du barrage de Memve'ele. « Les créances sur Eneo au titre de la redevance d'eau facturée depuis 2016 au 31 décembre 2022 s'élèvent à 48,7 milliards de Fcfa », précise le rapport. Cette insolvabilité pose de sérieux problèmes à l'entreprise.
Vers une Amélioration
Malgré ces défis, des signes d'amélioration apparaissent. Une source interne assure que « les arriérés arrivent progressivement. La loi de finances a intégré nos recettes au Trésor ; c'est le ministère des Finances qui nous paie maintenant ». En 2022, une source proche du dossier indiquait que l'État a décidé d'implémenter un système de compensation des dettes pour éviter l'inertie d'EDC. Concrètement, la dette d'EDC envers Eneo est considérée comme un paiement partiel de celle-ci à l'État, lequel, via le ministère des Finances, alloue ensuite les fonds nécessaires à EDC.

