Au Cameroun, la dégradation persistante du réseau routier communal suscite l’inquiétude des élus locaux. Lors de la clôture des Journées Économiques Internationales des Communes (JEICOM-2025) le 4 juin dernier à Yaoundé, les maires ont officiellement sollicité une augmentation de 54 % des ressources transférées par l’État pour l’entretien des routes. Actuellement fixé à 65 millions de FCFA par commune et par an, ce montant devrait, selon eux, être porté à 100 millions de FCFA, soit une enveloppe globale de 36 milliards FCFA pour les 360 communes.
L’objectif affiché est clair : améliorer l’état des routes communales afin de désenclaver les bassins de production agricole, sylvopastoraux, halieutiques et touristiques, en cohérence avec la politique d’import-substitution promue par le gouvernement. Notons que le réseau routier communal est le plus dense au Cameroun, avec 98 350,58 km de routes (sur un linéaire global de 121 873 km) dont seulement 1 746,66 km sont bitumées et 96 603,92 km sont en terre. Les ateliers des rencontres régionales présidés par le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, en mi-juillet 2024, ont révélé que le réseau routier en mauvais état s’est aggravé, passant de 69,28 % à fin décembre 2023 à 71,07 % au 15 juillet 2024, soit une accentuation d’environ 1,8 point en l’espace de 7 mois.
Pourtant, entre 2018 et 2024, 208,2 milliards de Fcfa ont été transférés aux Collectivités territoriales décentralisées (CTD) pour les travaux d’entretien routier, dont 195,3 milliards de Fcfa pour les communes et 12,9 milliards de Fcfa pour les régions. Malgré ces financements, les CTD déplorent la maigreur de l’enveloppe mise à leur disposition pour l’entretien des routes communales. Dans son adresse à la Nation le 31 décembre 2024, le président Paul Biya a reconnu l’état de dégradation des routes qui « ne reflète pas les efforts et les sacrifices qui sont consentis pour sa réhabilitation et son extension ».
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Pour inverser la tendance, il a instruit la réorganisation du Fonds Routier pour accroître sa capacité à mobiliser les financements nécessaires à la réalisation des projets routiers. Au ministère des Travaux publics, on rassure que l’allocation annuelle de 26 milliards de Fcfa aux communes devrait croitre au fil du temps. Toute chose qui n’empêche pas d’interroger le dispositif mis sur pied par le gouvernement pour se rassurer ou évaluer l’utilisation transparente de l’argent transféré aux communes.
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