74%, c’est le taux de chômage qu’affiche le Cameroun 2024 si l’on s’en tient au chiffre révélé le 13 novembre 2024 par Gabriel Fandja, président de la commission de l’éducation à l’Assemblée nationale. Le parlementaire ne s’appesantit pas sur les différentes déclinaisons de cet indicateur mais, l’on s’en tient aux récents rapports de l’Institut national de la statistique (INS), ce fort de chômage est davantage perceptible chez les jeunes âgés entre 25 et 35 ans et titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur est de 14,8% soit 5 fois celui des non-scolarisés de la même tranche d’âge évalué à 3%. Pour les jeunes dont le niveau d’instruction s’est arrêté au primaire, ce taux est de 4,2% contre 7,2% pour le secondaire (premier cycle) et 10,2% pour ceux du secondaire second cycle.
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A en croire Issa Tchiroma Bakary, le ministre camerounais de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop), cette situation est en partie liée à une formation qui n’est pas toujours en adéquation avec les besoins ou du moins les réalités sur le terrain. Autrement dit, poursuit le membre du gouvernement, l’apprentissage d’un métier est l’option à privilégier (par rapport à l’enseignement général) pour inverser la tendance. « Cette jeunesse a besoin d’acquérir des qualifications professionnelles qui les rendent éligibles aux emplois qu’offre le secteur de production », a-t-il indiqué au sortir du Forum d’information et d’échanges organisé à l’Assemblée nationale.
Déficit de financement
Au moment où se tient la session budgétaire, le Minefop et les Parlementaires profitent pour l’occasion pour passer sur la table, le faible financement alloué à ce département ministériel (28 milliards) contre 563 milliards soit 20 fois que le budget alloué à l'Enseignement secondaire dans la loi de financements rectificative 2024. « Le ministère en charge de l’Emploi et de la formation professionnelle est en déficit de moyens financiers. Nous sommes dans une session budgétaire, il est urgent et impératif face à cette échéance de 2025 que les moyens soient alloués à ce département ministériel», a déploré Gabriel Fandja. Le gouvernement a pourtant en projet de transformer 288 SAR-SM (section artisanale rurale et section ménagère) en centres de formation aux métiers ultramodernes. Or, dans une récente interview accordée à la télévision nationale, Issa Tchiroma Bakary faisait savoir que la construction d’un seul centre moderne de formation aux métiers vaut entre 2 et 3 milliards de Fcfa. Pour réaliser ainsi un tel projet, les pouvoirs publics auraient à débourser un minimum d’environ 580 milliards de Fcfa.
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Face aux contraintes budgétaires actuelles qui ne permettent visiblement pas au Trésor public d’engager une telle dépense, le gouvernement camerounais a institué dans la cadre de la mobilisation des recettes non fiscales, un prélèvement au titre des frais de visa de travail apposé sur les contrats des travailleurs de nationalité étrangère. « Le prélèvement susvisé est fixé à l’équivalent de deux mois de salaire et traitement brut pour les travailleurs non africains ; d’équivalent d’un mois de salaire et de traitement brut pour tout travailleur africain, avec abattement de 50% », précise le texte. Sauf que cette mesure peine à atteindre les résultats escomptés car, sur un objectif de 14 milliards de Fcfa en 2023, Issa Tchiroma Bakary déplorait au mois de novembre de la même année, que seuls 4 milliards de Fcfa (28%) avaient déjà été recouvrés. En janvier dernier, le même département ministériel a révisé sa stratégie en mettant en place un fichier qui puisse renseigner sur l’ensemble des étrangers qui résident au Cameroun et afin de faciliter la collecte de ces recettes non fiscales.
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