Au Cameroun, la maigreur de l’enveloppe dédiée à l’entretien des routes (30,6 milliards de Fcfa transférés aux CTD en 2024 contre les besoins financiers estimés à 800 milliards de Fcfa selon le Mintp, Ndlr), n’est finalement pas l’unique justificatif au mauvais état des routes nationales et régionales. L’absence d’une politique visant à pérenniser les infrastructures construites à coût de milliards de Fcfa, est visiblement le premier coupable. C’est en tous cas, le moins que l’on puisse retenir de l’atelier présidé le 30 mai 2024 à Yaoundé par le ministre des Travaux publics Emmanuel Nganou Djoumessi.
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C’est pour remédier à cette dégradation des routes qui freine le transport des biens et personnes, que le gouvernement entend recruter un consultant en vue d’élaboration d’une stratégie en matière d’entretien routier. « Il faut d’abord diagnostiquer notre système d’entretien routier parce qu’en réalité nous n’en avons pas un. Que ce soit la programmation, les interventions sur le terrain, la coordination, etc. nous n’avons pas véritablement assis une stratégie pour pouvoir gérer le patrimoine routier », avoue Joseph Fotsing, chef de Division de la Planification de la programmation/Mintp. Pour ce cadre, « si on avait pris en amont le taureau par les cornes, on n’en serait pas là aujourd’hui. Parce que, normalement, pour une route livrée, l’entretien commence le lendemain », déplore-il.
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L’appel d’offres lancé est ouvert aussi bien aux prestataires locaux qu’internationaux. Une fois recruté, ledit consultant va sur une période de 12 mois : « procéder à un diagnostic du système d’entretien et de gestion du patrimoine routier, proposer une stratégie d’entretien du réseau et une feuille de route, donnant un aperçu clair, compréhensible des opérations à court, moyen à long terme, ainsi que les étapes à parcourir pour mener à bien l’entretien routier », explique Emmanuel Nganou Djoumessi, le ministre des Travaux publics.
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Notons que ce n’est pas la première fois que les pouvoirs publics envisagent un projet concernant l’entretien des routes. En juin 2023, le même département ministériel divulguait le projet de création d’un centre d’excellence en entretien routier. Ce centre, apprenait-on, se chargerait de la stabilisation et de l'entretien durable des routes en terre, l’objectif étant d’avoir des routes de bonne qualité, sans nécessairement avoir recours au bitume. Toutefois, un an après, l’initiative semble avoir été jetée aux oubliettes.

