Politiques Publiques

Cameroun-Guinée équatoriale: Obiang Nguema réordonne la réouverture de la frontière

La douane camerounaise déclare avoir perdu plus de 1 milliard Fcfa de recettes du fait de cette fermeture en vigueur depuis décembre 2017.

Depuis le 24 décembre 2017, date à laquelle les autorités équato-guinéennes ont affirmé avoir déjoué un coup d’Etat planifié contre le président Teodoro Obiang Nguema par des mercenaires français, tchadiens et un centrafricain, la frontière de la Guinée-équatoriale avec le Cameroun était restée fermée. La Douane camerounaise affirme avoir perdu plus de 1 milliard Fcfa du fait de cette situation, et espère très vite retrouver le niveau de recettes qui était le sien avant cette fermeture décidée unilatéralement par Malabo. Elle a du pain sur la planche, tant la fermeture de cette frontière pendant un peu plus d’un an a facilité le développement d’un commerce transfrontalier nocturne piloté par des contrebandiers originaires des deux pays, avec parfois la complicité de la police des frontières et même de certains douaniers.


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En rouvrant son pays à l’entrée des produits en provenance du Cameroun et vice-versa sans mesures sécuritaires particulières prises préalablement, le 28 janvier dernier, les autorités équato-guinéennes semblent donner raison à ceux qui avaient estimé que la menace sécuritaire brandie pour suspendre ses échanges avec le Cameroun était un prétexte fallacieux pour ajourner l’entrée en vigueur de l’accord de 2013 sur la libre circulation des personnes dans la sous-région, entrée le 1er novembre 2017 à N’Djamena par l’ensemble des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). Cet accord prenait effet à partir du 1er janvier 2018. La Guinée Equatoriale, craignant une immigration massive sur son territoire et prétextant cette fois-là encore une menace sécuritaire, avait déjà joué ce tour aux autres pays de la Cemac, en fermant ses frontières avec le Cameroun et le Gabon la veille de l’entrée en vigueur du passeport biométrique dans la zone Cemac, le 1er janvier 2014.


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Avec le Gabon, ce petit pays de 1,268 million d’habitants en 2017 a longtemps été accusé de saboter tous les efforts des autres responsables politiques de l’espace communautaires en vue de la libre circulation des personnes et des biens. C’est l’un des principaux obstacles au décollage des échanges intra-communautaires de la Cemac. Ceux-ci, dominés par les produits agricoles, pesaient moins de 2% en 2017.

La Rédaction EcoMatin

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