Dans son adresse à la Nation camerounaise le 31 décembre 2023, le chef de l’Etat Paul Biya s'est voulu rassurant en annonçant le démarrage des travaux d'un certain nombre de projets au cours de l’exercice 2024, après plusieurs années d’attente. Toutefois, à deux mois de la fin d’année, l’actualité desdits projets laisse planer un climat d’incertitude sur leur lancement effectif. Dans la foulée, cela ne fait plus l’ombre d’aucun doute. Le lancement du bitumage de la route Ebolowa-Akom 2-Kribi (179,2 km) dans la région du Sud est désormais prévu pour le premier semestre 2025.
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Ces nouvelles prévisions ont été faites la semaine dernière lors de la revue des projets routiers en cours. Le glissement de date vient d'emblée contrarier les assurances du président de la République à fin décembre 2023. « S’agissant de la route Ebolowa-Kribi, les négociations avec les bailleurs de fonds, qui ont longtemps achoppé sur les questions environnementales, sont finalement en train d’aboutir. Toutes les dispositions nécessaires seront prises pour que la construction de cette route, tant attendue par les populations concernées, démarre effectivement en 2024 », déclara-t-il.
Route Edéa-Kribi ...
Bien plus, les « instructions » données pour la réhabilitation de la route Ngaoundéré-Garoua (240 km) qui relie la région de l’Adamaoua à celle de l’Adamaoua, ne sont visiblement pas sur le point d’être appliquées d’ici décembre au regard de l’hésitation du maître d’ouvrage. « Cette route doit absolument être reconstruite dès la fin de l’année 2024 ou le début de l’année 2025 », balbutie le ministre des Travaux publics. La réhabilitation de la route Edéa-Kribi annoncée depuis 4 ans, n’est pas en reste. La raison ? Si Emmanuel Nganou Djoumessi fait savoir que le gouvernement y travaille, il manque toujours de visibilité sur l'échéance de reconstruction de cette infrastructure. L’incertitude s'accentue avec dans la mesure où, en juin dernier, le gouvernement annonçait la déblocage de près de 2 milliards de Fcfa en vue de l’actualisation des études de faisabilité. Trois mois plus tard, 3,4 milliards ont été rendus disponibles pour l’entretien de ce linéaire long de 110 km de la Nationale N°7 qui sera financé par la Banque africaine de développement (BAD) à hauteur de 219 milliards de Fcfa. Il en est de même pour la réhabilitation de la route Douala-Bafoussam dans un état de dégradation avancée du fait du poids de l'âge qui manque encore de projections pour les mois à venir puisque la passation des marchés ainsi que la disponibilité des fonds reste attendue.
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Section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen
Dans cet engrenage, les infrastructures autoroutières ne sortent pas du lot. Malgré la pose de la première pierre le 18 décembre 2023, les travaux de construction de la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen (12,3 km) n’ont pas démarré. La ministre de l’Habitat et du développement urbain (Minhdu) Célestine Ketcha Courtès tablait pourtant sur le mois d’avril après 5 années d’impasse pour manque de financements. A l’observation, les procédures administratives liées à l’indemnisation et au recasement des populations affectées par le projet n’ont visiblement pas encore atteint de meilleures conclusions. Au demeurant, la phase 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala (139 km) est visiblement le seul projet annoncé pour cette année qui a été lancé le 2 octobre dernier après un premier report intervenu au premier trimestre. Malgré, la pose de la première pierre, il faudrait effectivement démarrer la construction proprement dite.
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Pour rappel, le ministère des Travaux publics bénéficie généralement de la plus grosse enveloppe budgétaire. Pour l’exercice en cours, il est deuxième avec 535,3 milliards de Fcfa derrière le ministère des Enseignements secondaires (556,7 milliards). Pour Emmanuel Nganou Djoumessi, c’est « une allocation financière certes très importante mais insuffisante pour poursuivre le bitumage ou encore entretenir un réseau routier qui est passé de 55 000 km de routes en 1986 à 121 873 km à date » soit une augmentation de 66 873 km (+121,5%) en l’espace de 38 ans.

