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Cameroun : incertitudes sur l’opérationnalisation du nouveau système informatisé de gestion du personnel au 1er semestre 2024

Le ministre camerounais de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra) se réserve de faire de nouvelles prévisions compte tenu du nombre de tâches qu’il faut encore accomplir dans le cadre de ce projet gouvernemental lancé depuis 2021 et dont la mise en service était initialement attendue au courant de l’année dernière.

Publiée lundi 17 juin 2024 à 12:53:48Modifiée lundi 17 juin 2024 à 12:53:50Temps de lecture 4 minPar Marius Zogo

Le ministère camerounais de la Fonction publique

Le 25 janvier dernier, le ministre camerounais de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra) annonçait que le Cameroun disposerait d'un nouveau système informatisé de la gestion intégrée des personnels de l’Etat et de la solde (Sigipes II) au cours du premier semestre 2024. A deux semaines de la fin mois de juin, des incertitudes planent sur la livraison de ce projet lancé en 2021 et dont le taux d’exécution était estimé à 80% il y a six mois d’après ce département ministériel.

Pas de nouvelle prévisions en vue

La raison, invité au Poste national ce 16 juin 2024, Joseph Le s’est montré peu rassurant sur le respect de l’échéance (prorogée) de ce projet gouvernemental dont la mise en service était initialement attendue au cours du premier semestre 2023. « Il y a de l’évolution, il y a aussi de nouvelles données qu’il faut introduire. Donc, il faut être patient pour que vous puissiez mettre tout ça là-dedans et que les utilisateurs soient bien formés, qu’il y ait le transfert de technologies », a expliqué le membre du gouvernement à l'office public.

A en croire le Minfopra, après le lancement du fonctionnement en parallèle (qui consiste à éprouver le système pour évaluer sa solidité, sa résistance) en cours, il reste à implémenter le fonctionnement en toute autonomie ce qui serait synonyme de mise en service effective du nouveau Sigipes II. A ce propos, après un rendez-vous manqué l’an dernier, le patron de la Fonction publique se réserve d’avancer de nouvelles prévisions au risque de se faire rattraper par les réalités du terrain en cas de non-respect de la date buttoir. « Laissez-nous finir avec l’actuelle phase. Pourquoi vous voulez que je vous dise que ce sera le 25 décembre ou le 45e jour du 50e mois de l’année X ? Non, allons- y doucement. Dans ce domaine-là, vraiment il est difficile de dire : demain là, je commencer à fonctionner parce qu’il y a beaucoup d’impondérables qui peuvent arriver », s’est-il défendu malgré l’insistance de la journaliste.

Des préalables à remplir

Visiblement, le nouveau glissement de date qui se dessine pourrait être attribué à un certain nombre de préalables qu’il reste à ficeler avant l’opérationnalisation de ce système axé globalement sur la gestion efficiente des différents actes de carrière (intégration, avancement, reclassement, retraite, certains avantages, etc.) du personnel de l’Etat et la maitrise de la masse salariale. « Nous avons pour le moment, mis l’accent sur le statut général de la Fonction publique et nous sommes en train de travailler sur les statuts spéciaux (Défense, la Police, la Magistrature et même les Universités). Il y a des données que nous devons avoir et pour cela, à un certain moment, il va falloir obtenir un nombre d’autorisations pour que tout ça entre là-dedans parce qu’il y a des domaines qui relèvent de la souveraineté. Pour cela, il ne faut pas courir. Dans les brefs délais, nous aurons tout ça et le système va devenir autonome », a clarifié Joseph Le.

Dans le même temps, le gouvernement compte instaurer un mécanisme qui permettrait d’endiguer les cas de fraude. Pour ce faire, le Minfopra dit travailler en « étroite collaboration » avec l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic) pour l’instauration d’un code QR. Il est aussi envisagé une possibilité d’accéder au nouveau Sigipes sans connexion internet. Dans la même veine, l’on apprend que le nouveau Sigipes II aura un nom. La validation de celui-ci est en attente au niveau de la « hiérarchie » qu’est la présidence de la République.

Pour mémoire, le projet du nouveau Sigipes II a été respectivement confié à en mai 2021 au tunisien Simac et Afreetech. La première est chargée de réaliser le lot 1 relatif au développement et à la mise en service des fonctionnalistes de base de la nouvelle application à hauteur de 4,8 milliards de Fcfa tandis qu’Afreetech s’est vu confier le lot 2 consacré à l’assistance et à la maitrise d’ouvrage pour 0,955 milliard de Fcfa soit un total de 5,8 milliards de Fcfa. A noter que le gouvernement dans son Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2024-2026, le gouvernement camerounais a prévu débloquer une enveloppe de 1,4 milliard de Fcfa pour des fins de finalisation du nouveau Sigipes II. Celui-ci devrait globalement digitaliser les actes de carrière administrative afin de réduire l’usage du papier dont l’importation coûte beaucoup d’argent aux pouvoirs publics chaque année.

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