3,7% ! C’est le taux de croissance envisagé au Cameroun pour l’année 2024 selon la Banque mondiale dans son rapport Afica’s Pulse d’octobre 2024. Le taux de croissance ainsi projeté est supérieur aux 3,3% estimés pour 2023. Cette dynamique haussière pourrait se poursuivre en 2025 avec un taux de croissance envisagé de 4%.
Cependant, la nouvelle projection de croissance du produit intérieur brute du Cameroun est en baisse de 0,2% par rapport au taux de croissance de 3,9% annoncé dans le rapport "Perspectives économiques mondiales" publié le 11 juin dernier. Un contexte qui n’est pas nouveau. Lors de la publication dudit rapport au mois de juin, il se dégageait déjà un recul de 0,3% des prévisions de croissance par rapport au mois de janvier.
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Si le document de la Banque mondiale ne donne pas les raisons pouvant expliquer cette baisse, l’on pourrait tout de même subodorer que cela est en lien avec la baisse des recettes pétrolières du pays cette année. En effet, pays producteur de pétrole, cette ressource du sous-sol compte parmi les principaux produits à l’exportation. Sauf que depuis la fin de l’année dernière, les prix à l’échelle mondiale de l’or noir sont fluctuants, tandis qu'à l’échelle nationale les activités dans ce secteur présentent aussi une tendance négative. Facteurs cumulés qui ont conduit le gouvernement à tabler sur une enveloppe de 801,6 milliards de Fcfa en baisse de 7,9 milliards de Fcfa par rapport aux 809, 5 milliards de Fcfa contenues dans la loi de finances initiale promulguée le 19 décembre 2023 Une situation qui était envisagée déjà depuis longtemps.
L’on se souvient que le 13 juillet 2023, lors des activités du séminaire de lancement du budget 2024, le ministre des Finances Louis Paul Motaze, faisait savoir que « les incertitudes qui pèsent ainsi sur l’économie mondiale invitent à la prudence, quant à la prévision d’une hausse substantielle du niveau de ressources propres en 2024 dans un contexte de baisse des cours et d’effritement progressif du potentiel de mobilisation des recettes pétrolières, dont les projections du dernier cadrage budgétaire prévoit pour 2024, une diminution de plus de 195 milliards de Fcfa par rapport à 2023 », prévenait le membre du gouvernement.
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Il faut préciser que cette prévision pessimiste de la Banque mondiale est la plus faible que les institutions multilatérales ont fait sur le Cameroun. Le Fonds monétaire international table sur une projection de 3,9%. La Banque africaine de développement va plus loin et table sur 4,1%.
La Guinée équatoriale renouerait avec la croissance
Cependant, le Cameroun ne devrait pas atteindre le plus fort taux de croissance en zone Cemac. Ce statut reviendrait à la Guinée Equatoriale dont le taux de croissance s’établirait à 4,7% au 31 décembre 2024 après la récession (-5,7%) de 2023. Ce qui est loin des projections de juin où la banque tablait sur un taux de croissance de -4,3% puis -3,3% en 205 et -3 ,6% en 2026.
Derrière la Guinée équatoriale se classe le Cameroun qui est suivi par le Gabon avec 3,1%. Cette prévision est en hausse de 0,1% par rapport aux 3% de juin. Vient ensuite le Tchad qui afficherait une croissance de 3%. Puis le Congo avec 2,1%, en baisse de 1,4% par rapport aux projections de juin qui partaient sur une croissance de 3,5%. Selon la Banque la République centrafricaine aurait une croissance de 0,7% en 2024 contre 2,7% projeté en juin.

