La Banque mondiale et ses partenaires se sont engagés à soutenir les acteurs de la chaine de valeur des énergies renouvelables au Cameroun. Selon le communiqué du ministre de l’Eau et l’Energie, daté du 12 juin dernier, ces facilités sont de trois catégories. La première, de type contrepartie, est comprise entre 10 000 USD à 25 000 USD. Elle vise à soutenir les jeunes entreprises prometteuses. La deuxième, est une subvention d’entrée de marché comprise entre 25 000 USD et 150 000 USD. La dernière pour sa part, basée sur la performance est comprise entre 150 000 USD et 250 000 USD, et vise à soutenir les entreprises de marché difficile.
Ces subventions rentrent dans le cadre du projet régional d’accès à l’électricité hors réseau (Rogeap). En effet, le 18 août 2023, Yaoundé avait accueilli les travaux de lancement du Rogeap, mis en place par la commission de la Cdeao. Dans son ensemble, le Rogeap vise à accroitre l’accès à l’électricité pour les ménages, les entreprises… à partir des systèmes solaires photovoltaïques. L’approche du Rogeap, s’appuie sur accompagnement des initiatives privées. Développé dans 15 pays de la Cedeao et trois pays de la Cemac (Cameroun,Tchad, RCA), le projet est financé par la Banque mondiale et le Fond de technologie propre.. à hauteur de plus 330 millions de dollars. « Nous voulons surtout amener le secteur le secteur bancaire à voire le secteur solaire comme une opportunité d’affaire », avait déclaré Arnaud Kouadio, expert de suivi-évaluation du Rogeap.
Un objectif de 1500 MW d’ici 2035
Le Rogeap cadre ainsi avec la stratégie du gouvernement de booster le secteur des énergies renouvelables. Lors du Forum sur la vulgarisation des énergies renouvelables au Cameroun, tenu le 3 mai dernier, le ministre de l’Eau et de l’Énergie (Minee), Gaston Eloundou Essomba, a dévoilé l’ambition du pays d’augmenter la part des énergies renouvelables (hydroélectrique, solaire, éolienne, biomasse, géothermique, etc.) à 25% de son mix-énergie d’ici 2035 soit une capacité installée de 1500 MW. Le Cameroun a en effet, un potentiel en grande partie non utilisée. Selon les statistiques de 2014 de l’AIE, l’irradiation solaire moyenne du Cameroun est d’environ 5kWh/m2/jour pas loin de la moyenne africaine qui est de 5,8 kWh/m2/jour d’après les chiffres de 2016 de l’Agence internationale des énergies renouvelables (Irena). À ce jour, « malgré les efforts conjugués des pouvoirs publics, des sociétés privées et des partenaires au développement, la part des énergies renouvelables reste encore en deçà de 5% », a précisé Gaston Eloundou Essomba.
La stratégie du gouvernement s’articule donc autour de deux axes principaux : le développement de 50 minicentrales hydroélectriques et la promotion de l’énergie solaire photovoltaïque. Le gouvernement reconnait tout de même que « le domaine des énergies renouvelable ou les opportunités sont certaines, le chemin à parcourir restent immense », avait indiqué le ministre de l’Energie. Cependant, une fois les projets concrétisés, le taux d’accès va sans doute être relevé, actuellement, le taux d’accès à l’électricité au Cameroun est évalué par le gouvernement à 90% en milieu urbain contre 40% en milieu rural.

