La Banque des États de l'Afrique centrale (Beac) accélère ses efforts pour injecter davantage de pièces de monnaie dans l'économie camerounaise. Après avoir sollicité les grandes surfaces commerciales, la banque centrale élargit cette initiative aux banques commerciales. Dans une lettre adressée à ces dernières, Pierre-Emmanuel Nkoa Ayissi, directeur national de la Beac pour le Cameroun, a annoncé que dorénavant, des pièces de 100 Fcfa, 50 Fcfa et 25 Fcfa de la gamme de 2006, seront systématiquement incluses dans tous les prélèvements effectués aux guichets de la Beac. Par conséquent, les banques sont priées d’adresser mensuellement un reporting des échanges de billets contre pièces de monnaie effectués en faveur de leurs clients respectifs.
Le but de cette opération est clair : remédier à la pénurie chronique de pièces de monnaie observée dans le pays. Cette démarche est en ligne avec les instructions du gouverneur de la Beac, Yvon Sana Bangui. Dans une circulaire datée du 13 août 2024, le dirigeant centrafricain exhortait les agences de la banque centrale à accélérer la dissémination des pièces de monnaie à travers la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac).
« Il m’a été donné de constater que, nonobstant l’approvisionnement de tous les centres de la banque en abondante quantité de pièces de monnaie, objet de la commande de 150 millions de pièces (…) de la gamme 2006, la dissémination de ces pièces au sein du public, à travers les prélèvements massifs à nos guichets, reste timorée », constate le gouverneur. Aussi, ce dernier instruit-il ses services de « procéder à une dissémination rapide et ciblée au sein du public des pièces de monnaie déjà reçues. »
La pénurie de pièces dans la zone Cemac, qui persiste depuis plusieurs années, trouve ses racines dans l'exportation illégale de ces jetons vers l'Asie. Celles-ci sont ensuite valorisées dans l'industrie de la bijouterie, en raison de la qualité du métal utilisé dans leur fabrication. Pour contrer cette situation, la Beac prévoit la mise en circulation prochaine d’une nouvelle gamme de pièces, dont une nouvelle de 200 Fcfa fabriquées à partir d’un matériau ne convenant pas aux usages illicites qui causent ces pénuries.

