Les tractations se poursuivent dans le secteur bancaire au sujet de la reprise de la participation majoritaire (58,08%) détenue par le groupe Société Générale dans sa filiale camerounaise. Deuxième plus grosse banque du pays en termes de total bilan et première sur la rentabilité, l’établissement bancaire est aujourd’hui l’objet de nombreuses convoitises.
Avec 25,6% des droits de vote au Conseil d’administration de la banque, l’État du Cameroun souhaite jouer un rôle actif dans cette opération. Une source gouvernementale qui a préféré l’anonymat compte tenu de son implication dans la transaction a révélé à EcoMatin que la présidence de la République aurait mandaté la Cnps, le fonds de pension public, pour « étudier la possibilité d’une acquisition de ces actifs ». L’objectif n’étant pas de la maintenir sous le giron public, mais de pouvoir se substituer à l’actionnaire majoritaire afin de décider en dernier ressort sur le futur acquéreur.
« En gros, un rôle d’intermédiaire car Société Générale est l’une des principales banques du pays et la présidence veut s’assurer qu’au-delà des implications purement financières, le futur repreneur soit suffisamment outillé pour soutenir la dynamique de son prédécesseur, notamment en matière de financement de l’économie », explique notre source. Yaoundé veut s’inspirer du Congo qui, brandissant son droit de préemption, s’était arrogé la totalité des participations du banquier français avant de les céder ensuite à BGFIBank alors qu’un accord avait préalablement été conclu avec Vista Bank.
Au moment où nous mettons sous presse, on ignore à quel stade la Cnps se trouve au sujet de l’opérationnalisation de cette directive présidentielle. Il faut dire que le fonds de retraite est également impliqué activement dans la reprise des 51% des actifs détenus par le fonds d’investissement britannique Actis dans le tour de table de la société Energy of Cameroon (Eneo), concessionnaire du service public de l’électricité dans le pays.
Selon les informations d'EcoMatin, BGFIBank, Vista Bank et NSIA de l’Ivoirien Jean Kacou Diagou ont manifesté l’intérêt de remplacer Société Générale après son départ. La Banque d’Henri Claude Oyima fait, cependant, office de favori. Présent dans le pays depuis 12 ans, l’établissement veut conforter son assise au Cameroun et dans la zone Cemac. « BGFIBank veut être parmi les deux premières banques camerounaises au cours des trois prochaines années », a déclaré, plein de certitude, Henri Claude Oyima dans une interview accordée à EcoMatin.
Selon les spécialistes, l’atteinte de cet objectif de très court terme sera difficilement réalisable grâce à ses opérations actuelles et l’idée d’une grosse acquisition semble être la voix idoine. Confirmant au journal Les Échos que Société Générale Cameroun était dans son viseur Henri Claude Oyima a indiqué qu’il ne ferait pas d’offre pour Commercial Bank, un autre établissement de haut rang dans le pays dont l’actionnariat majoritairement contrôlé par l’État est actuellement en cours de réorganisation.

