La crise sécuritaire qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest continue de peser lourdement sur les finances de la Cameroon Development Corporation (CDC). Selon les états financiers de l’entreprise publique, près de 1,64 milliard de FCFA ont été mobilisés entre 2023 et 2025 pour couvrir les dépenses logistiques liées à la sécurité de ses plantations, usines et ateliers.
Dans le détail, ces charges se sont élevées à environ 508 millions de FCFA en 2023, 574 millions de FCFA en 2024 et 560 millions de FCFA en 2025. Elles comprennent notamment l’appui logistique et l’alimentation des gendarmes et soldats déployés pour assurer la protection des installations de l’entreprise. La CDC précise qu’une convention juridique encadre cette collaboration avec les forces de défense et de sécurité. « La Société a conclu une convention juridiquement contraignante avec l'armée de l'Etat, qui définit la nature de ses activités et les limites de l'alimentation des militaires (gendarmes/soldats) par la Société », peut-on lire.
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Ces dépenses interviennent dans un contexte où l’entreprise demeure l’une des principales victimes de la crise anglophone. Depuis 2016, les activités de production de banane, de palmier à huile et d’hévéa ont fortement reculé, entraînant la fermeture temporaire de plusieurs sites, la mise en congé technique de plus de 6 000 employés et d’importantes pertes matérielles. Entre août 2018 et mai 2020, 12 des 29 sites exploités par la CDC avaient cessé leurs activités. La société avait également été contrainte de quitter le marché de l’exportation de la banane pendant 18 mois.
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Malgré la reprise progressive de la production depuis juin 2020, les effets de la crise continuent d’affecter les performances opérationnelles et financières de l’entreprise. En 2025, entre les lockdowns imposés dans certaines zones de production et les attaques visant le personnel, les activités ont fortement ralenti affligeant la CDC d’une perte nette de 20 milliards FCFA. La production de caoutchouc est restée très en deçà des objectifs, tandis qu’une part importante des plantations d’hévéa et de palmier à huile n’a pas pu être exploitée. Seule la filière banane continue de soutenir partiellement l’activité, affichant une production en hausse de 27% à 43 690 tonnes et des revenus tout aussi croissant (+30% à 14, 37 milliards FCFA).
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Pour rappel, la CDC a enregistré, en 2024, un bénéfice exceptionnel de 45 milliards FCFA, reposant essentiellement sur le vaste plan de restructuration financière mis en œuvre par l’État. En reprenant plusieurs dizaines de milliards de FCFA de dettes sociales, salariales et fiscales de l’entreprise, les pouvoirs publics avaient permis à la société agro-industrielle d’assainir temporairement ses comptes après des années de difficultés liées à la crise anglophone.
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