En 2018, déjà, une quinzaine d'entreprises avaient pointé du doigt l'état de délabrement de l'aéroport de Douala. Cette fois, c’est le président du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), Célestin Tawamba, en personne, qui saisit directement le directeur général des Aéroports du Cameroun (ADC) pour lui exprimer la profonde préoccupation de la communauté des affaires, quant à l'état actuel des infrastructures et des services offerts dans les aéroports du pays. « Depuis plusieurs années, nous avons constaté avec inquiétude un délabrement flagrant des infrastructures aéroportuaires, tant au niveau des terminaux que des équipements destinés aux passagers », écrit-il dans une correspondance datée du 12 novembre.
Le patron des patrons dénonce par ailleurs les conditions d'accueil, d'orientation et de sécurité approximatives, qui « ne répondent pas aux normes internationales attendues dans un pays comme le nôtre ». Il décrie en plus le manque d'entretien et la vétusté des installations, entre autres dysfonctionnements qui permettent pas aux compagnies aériennes de proposer un service de qualité à leurs passagers. « L'inefficacité des systèmes de gestion des bagages, les attentes interminables, ainsi que l'absence d'infrastructures modernes et adaptées, ne contribuent pas à donner une image positive de notre pays. Ces dysfonctionnements dissuadent par conséquent les compagnies aériennes internationales, qui hésitent à desservir la destination Cameroun ».
Célestin Tawamba estime qu’au-delà des enjeux de confort pour les passagers, cette situation est hautement préjudiciable à la compétitivité de l’économie camerounaise. « Le transport aérien étant un moteur essentiel pour le commerce international, les investissements étrangers, ainsi que pour l'attractivité du tourisme, la dégradation continue de ces infrastructures a des conséquences dramatiques dans ces secteurs ». Dans sa lettre au vitriol, le PDG de Cadyst Group exhorte les ADC à prendre les mesures nécessaires pour améliorer de manière urgente les infrastructures et les services offerts dans nos aéroports. « Il est indispensable de procéder à une modernisation des installations, à l'entretien des équipements, et à la mise en place d'un environnement plus accueillant et sécurisé aussi bien pour les passagers que pour les opérateurs aériens ». Du reste, Célestin Tawamba fait savoir au directeur général des ADC que la communauté des affaires est à sa disposition « pour toute initiative qui pourrait permettre de contribuer à résoudre ces problèmes et améliorer l'attractivité de notre Pays ».

Le sombre tableau que dépeint le président du Gecam est loin d’être une nouveauté. Et cette situation catastrophique est connue des autorités. La preuve, en début d’année, le ministre des Transports, Ernest Masséna Ngalle Bibehe, indiquait qu’en 2024, il serait globalement question pour le sous-secteur aérien, d’améliorer la couverture VHF de l’espace aérien inférieur et la fourniture des services météorologiques, en particulier à l’Aéroport International de Yaoundé Nsimalen qu’on souhaite voir classé comme Aéroport de Catégorie. Il a par ailleurs, annoncé l’’intensification de la modernisation des infrastructures aéroportuaires, notamment la poursuite du projet de réhabilitation de l’aéroport de douala afin qu’il s’érige en un hub sous régional, ainsi que l’intensification des travaux de réhabilitation de la piste d’atterrissage de l’aéroport international de Garoua.

