La flambée des cours mondiaux du brut, provoquée par les tensions dans le Golfe Persique, pourrait offrir un répit budgétaire au Cameroun. Dans sa note conjoncturelle publiée le 9 avril, l’Institut national de la statistique (INS) indique qu’« à court terme, cette situation pourrait être un avantage budgétaire », en permettant de « profiter de la hausse du prix des huiles brutes de pétrole pour augmenter les recettes ». Le comptable public précise que le Brent, référence internationale du type de pétrole produit dans le pays, a atteint 119,50 dollars le baril, porté par les craintes sur l’approvisionnement, alors que les tensions dans le Golfe menacent le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial.
Ce rebond intervient après une année 2025 marquée par un net repli du secteur des hydrocarbures, pilier de l’économie. Selon l’INS, les recettes pétrolières et gazières ont atteint 1 055,8 milliards FCFA, en baisse de 23,7 % sur un an. Ce recul prolonge une tendance engagée depuis 2020, liée à une chute de 16,7 % des prix et à une baisse de 15,6 % des volumes exportés, à 2,5 millions de tonnes. Le vieillissement des champs réduit les capacités de production et renforce la dépendance de l’État aux prix internationaux.
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Cette amélioration attendue reste toutefois fragile. L’INS souligne que le gain sur les exportations pourrait être, à moyen terme, neutralisé par la hausse de la facture des produits raffinés importés. En 2024, les huiles de pétrole et minéraux bitumineux représentaient déjà 50,3 % des importations du Cameroun en provenance du Golfe. « Cette dépendance expose le pays à un risque inflationniste accru, dans un contexte où il demeure importateur net vis-à-vis du Moyen-Orient », précise le rapport.
Le déséquilibre se reflète dans une balance commerciale déficitaire avec la zone Iran-Golfe, estimée à 156,7 milliards FCFA en 2024. Le Cameroun dépend largement des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite, qui concentrent 88 % des approvisionnements de la zone. Cette dépendance s’étend à des produits comme le ciment hydraulique (+41,3 %) et le poisson congelé (+31,9 %). Dans le même temps, les perspectives du secteur restent contraintes : les investissements dans l’amont pétrolier camerounais ont reculé de 29,47 % en 2023, selon la SNH, et le départ annoncé de l’unité flottante Hilli Episeyo en juillet vers l’Argentine pourrait peser sur les exportations de GNL.
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