Au Cameroun, les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et Sud-Ouest (Noso) font l’objet d’une crise sécuritaire depuis respectivement 2014 et 2016. Une situation qui s’accompagne d’énormes dégâts matériels qui demandent de lourds moyens financiers pour les restaurer.
Pour la reconstruction de l’Extrême-Nord par exemple, le budget prévisionnel est de 1 800 milliards de Fcfa contre 154 milliards de Fcfa pour le Noso. C’est pour mobiliser ces fonds que le gouvernement camerounais a instauré un fonds spécial dans sa loi de finances. Dans la la loi de finances rectificative pour le compte de l’exercice en cours, le Cameroun table sur une enveloppe de 35 milliards de Fcfa destinée à ces zones économiquement sinistrées (ZES). Ce chiffre est en hausse de 5 milliards de Fcfa par rapport aux 30 milliards de Fcfa prévus dans la loi de finances initiale. En 2023, l’enveloppe avait été de 15 milliards de Fcfa avant d’être revue à 29,1 milliards de Fcfa.
A la lecture de l’ordonnance du président de la République, l’Etat devra y injecter 15 milliards de Fcfa, le Japon 2 milliards de Fcfa, la Banque islamique de développement (BID) 8,6 milliards de Fcfa et un report de 2023 évalué à 9,3 milliards de Fcfa. Pour le cas particulier de l’Extrême-Nord, les besoins financiers sont plus conséquents du fait du projet de la digue-route entre Kousseri (Logone et Chari) et la zone du bec de canard (Mayo-Danay) annoncé par le chef de l’Etat lui-même en 2011. Les études de faisabilité enclenchées en 2013 puis livrées par le ministère de l’Economie en 2017, ont estimé le coût des travaux à 1 000 milliards de Fcfa pour réaliser ce projet qui entend en premier lieu, endiguer le phénomène d’inondations qui secoue toujours cette région septentrionale.
Quant au Nord-Ouest et Sud-Ouest, les chiffres officiels font certes état d’un peu plus de la moitié des besoins financiers déjà disponibles, mais les autorités ont souvent déploré la réticence de certains partenaires financiers étrangers. En 2019 par exemple, la France a promis 62 millions d’euros soit 40,6 milliards de Fcfa. « Vous avez cité le cas de notre partenaire stratégique la France. Elle avait annoncé ce soutien financier. Donc nous les attendons toujours. On ne perd aucun espoir. Surtout avec les réalisations et le développement sur le terrain. Je pense que nous l'attendons, y compris tant d’autres qui avaient aussi promis », faisait remarquer à la télévision nationale le 10 avril 2023, Balungeli Confiance Ebune, président du Comité de pilotage du Plan de reconstruction des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (Pprd).

