Le conflit déclenché le 24 février 2022 entre la Russie et l'Ukraine a affecté les économies mondiales en générale, et celle du Cameroun en particulier. Une " Enquête de référence" de l’Institut national de la statistique (INS) révèle que cette guerre a eu un impact négatif sur la production de 74,5% des entreprises du pays soit en valeur absolue, un total de 14 836 entreprises sur les 19 651 créées en 2023.
La perception des chefs d'entreprises interrogés fait ressortir 06 secteurs parmi les plus touchés par la crise russo-ukrainienne. Il s'agit de l'industrie alimentaire avec une proportion de 79% des entreprises au même titre que le commerce (79%), la pêche et l'aquaculture (79%), les services fournis aux entreprises et autres (75%), l'agriculture (73,5%) et l'élevage (67,7%). Seul le secteur des télécommunications et l'informatique semble présenter une résilience relativement plus élevée où 44,4% d'opérateurs économiques estiment que la guerre en Ukraine a impacté leurs activités.
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A l'observation, ces données ne font pas bonne affaire pour le Cameroun engagé dans la mise en œuvre d’une Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) qui a pour objectif d'atteindre un taux de croissance économique de 8% en 2030 contre 4,1% projeté au terme de cette année 2025. Ainsi, l'incidence négative de la guerre russo-ukrainienne accentue la pression sur le gouvernement de Yaoundé de trouver les moyens d'accompagnement les entreprises afin que ces dernières puissent se relever du choc.
Ce d'autant plus que, le pays a lancé au début de l'année 2024, son Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah) 2024-2026. Celui-ci, ambitionne de booster la production et de réduire les importations des denrées alimentaires dans un horizon proche. Or, les chiffres présentés par le Premier ministre Joseph Dion Ngute à l'Assemblée nationale le 1er décembre 2024, laissent transparaître une baisse de production globale des produits agropastoraux (poissons, œufs, viandes, etc.).
Par contre, en dépit d'une production fortement impactée par la crise russo-ukrainienne, le statisticien gouvernemental renseigne dans son enquête que 69,24% des effectifs dans les secteurs supra mentionnés est resté "inchangé" de même que les salaires dans les entreprises (74,8%). Pour ce qui est des heures de travail, 78,1% des chefs d'entreprises jugent qu'elles n'ont pas changé malgré la survenue de la guerre en Ukraine.
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