L’on semble aller vers une victoire de British American Tobacco (BAT) Cameroun dans l’affaire l’opposant depuis plusieurs mois à l’Etat du Cameroun au sujet de la parcelle de terrain de près de 10 hectares rétrocédé à des collectivités au quartier Bastos, à Yaoundé. Un nouvel arrêté du ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf) rapporte la décision du 20 juin 2024 portant exercice du droit de préemption de l’Etat sur le titre foncier no 174/Mfoundi, établi au profit de la société J. Bastos de l’Afrique centrale, devenue BAT par changement de dénomination en 1993.
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Ce document daté du 31 juillet précise que ce revirement fait suite aux très hautes instructions du président de la République relativement à ce dossier, transmises le 26 juillet par le ministre d’Etat, Secrétaire général de la Présidence de la République. Il en résulte que ledit titre foncier qui avait été annulé au profit de deux collectivités autochtones retrouve son statut juridique d’avant l’arrêté du 20 juin.
En effet, d’abord mises en partie en rétrocession auxdites collectivités, les terres du domaine autrefois utilisé par British American Tobacco pour son usine de fabrication de cigarettes se sont ensuite retrouvées mises en vente à des proches de la famille présidentielle et à d’autres barons du régime de Yaoundé. Le chef de l’Etat camerounais Paul Biya vient de mettre un terme à cet acte de prédation foncière inédite, en rétablissant le cigarettier dans ses droits.
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La rétractation du gouvernement ne veut toutefois pas dire que l’affaire est close. La suite de la bataille va se jouer en justice où les avocats des deux parties, c’est-à-dire, BAT Cameroun et les collectivités autochtones qui avaient bénéficié de la mutation du titre foncier querellé, ont engagé diverses procédures. L’attitude de la justice va être à présent très scrutée, au regard des enjeux économiques qui se joueraient autour de cette parcelle de terrain, si l'on en croit BAT. La filiale du cigarettier British American Tobacco soutient en effet avoir engagé des tractations avec des investisseurs étrangers pour la réalisation d’investissements à hauteur d'environ 600 millions d'euros, soit près de 394 milliards de Fcfa sur l’espace querellé.

