Au Cameroun, le poids de l’âge pèse déjà sur le transcamerounais ; ligne ferroviaire reliant Douala à Ngaoundéré (région de l’Adamaoua) via Yaoundé et Belabo (région de l’Est). Pour preuve, le tronçon Douala – Yaoundé (262 km) construit entre 1908 et 1927, est vieux de 97 ans tandis que Yaoundé – Ngaoundéré (622 km) construit de 1964 à 1974 compte 50 années d’existence.
Cette vétusté de l’infrastructure a une incidence négative sur le déplacement des personnes et des biens en termes de temps de trajet. Toutefois, de passage à la télévision nationale le 29 mai 2024, Pascal Miny, le Directeur général de la Cameroon Railway (Camrail) ; le concessionnaire du chemin de fer au Cameroun, a rassuré du démarrage effectif des travaux de réhabilitation au premier trimestre de l’année prochaine. « Aujourd’hui on est en pleine phase (la plus importante) qui va être la rénovation de Douala-Yaoundé et de Belabo-Ngaoundéré. Et pour vous rassurer, les financements sont mis en place. Les appels d’offres vont être lancés et les travaux devraient commencer début 2025 », a-t-il indiqué.
Belabo-Ngaoundéré
Pour ce qui est spécifiquement du linéaire Belabo-Ngaoundéré (330 km) qui fait partie du corridor Douala-Ndjamena, les financements ont été bouclés en août 2023. Le projet devrait globalement coûter près de 164 milliards de Fcfa car, le Cameroun a obtenu en 2021, un financement concessionnel de 80,7 milliards de Fcfa (soit un prêt de 69,5 milliards de Fcfa de la BEI et 11, 2 milliards de Fcfa de subvention de l’UE). L’an dernier, l’Agence française de développement a donné son accord pour un financement de 83 milliards de Fcfa après trois années de longues discussions.
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D’après le programme d’investissement prioritaire (PIP) publié par le ministère de l’Economie, les travaux de réhabilitation du chemin de fer Belabo-Ngaoundéré devraient initialement débuter en 2023 pour s’achever en 2027. Vu le retard sur ces prévisions, ils devraient désormais prendre fin en 2029 si le démarrage est effectif en début d’année prochaine. La nouvelle infrastructure permettrait de réduire quasiment de moitié, le temps mis pour parcourir le trajet Douala-Yaoundé et Yaoundé-Ngaoundéré soit respectivement 4h45 et 8h à 8h 30 selon les chiffres du top management de l’entreprise du transport ferroviaire.
En marge du Forum international de Dakar sur le financement des projets ferroviaires africains tenu en fin d’année dernière, Pascal Miny annonçait un programme de réhabilitation de 560 km de voies ferrées sur les tronçons Douala-Yaoundé et Belabo-Ngaoundéré. « Ce programme vise à réhabiliter la totalité du réseau ferroviaire camerounais en l’intervalle de 5 ou 6 ans. La réalisation du projet permettra d’aller beaucoup plus vite et d’avoir des créneaux de trains plus fréquents, avec des temps de trajet bien inférieurs, soit environ 2 heures et demie pour les voyages entre Yaoundé et Douala, au lieu de 4 heures et demie», faisait-il savoir.
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Problèmes logistiques
Entretemps, les plaintes persistent sur la qualité de la logistique de Camrail ainsi que le traitement des passagers entre autres. A ce sujet, Pascal Miny estime que la digitalisation a permis à la société dont il a la charge de « diminuer par 2, l’occurrence des détresses (pannes) qui bloquent le train en pleine ligne ». De plus, « on améliore les choses étape par étape et puis, certaines de ces dispositions particulières pour les passagers, pour le suivi. Le matériel, on l’achète au fur et à mesure et on le remplace », reconnaît-il.
Pour mémoire, en novembre 2023, Camrail annonçait un investissement propre de 3,3 milliards pour l’acquisition des matériaux de travaux de rénovation et de réhabilitation du chemin ferré.

