La Société de développement du coton du Cameroun (Sodecoton) a déclaré, le 16 septembre dernier, avoir enregistré des pertes financières de l’ordre de 13,8 milliards FCFA au cours de l’année 2024. Ces pertes sont attribuées à la dégradation d’importante quantité de coton due aux changements climatiques dans la région de l’Extrême-Nord, principal bassin de production de la filière au Cameroun.
« Cette perte pour la culture du coton est provoquée par le stress hydrique accru et des sécheresses plus fréquentes, la mauvaise germination et la floraison perturbée, le raccourcissement du cycle végétatif [par l’avortement des fleurs et des capsules du fait des fortes chaleurs, Ndlr], et l’augmentation des ravageurs et des maladies », explique la société dans une communication publiée à l’occasion de la signature d’une convention avec l’Observatoire national des changements climatiques.
En clair, la baisse de la disponibilité de la ressource en eau, consécutive à l’irrégularité des pluies, a entraîné la réduction de la qualité de la fibre avec une incidence sur la valeur marchande. Cette situation, cumulée au retard de livraison des intrants, avait conduit à un important recul de la production de coton graines durant l’année 2024, passant de 395 000 tonnes à 284 613 tonnes (-27,9%).
Ainsi, frappée par les effets du changement climatique, la Sodecoton mise sur un accord avec l’ONACC pour renforcer la résilience de la production cotonnière. Comme sus-indiqué, l’accord signé le 16 septembre 2025, prévoit quatre principaux axes de coopération notamment : le suivi climatique et la production de services climatologiques ; l’évaluation du coût économique des perturbations ; le verdissement des activités de la Sodecoton ; l’échange de données et la sensibilisation des producteurs. Le partenariat tiendra sur 5 ans et sera financé conjointement par les 2 parties, pour un montant non précisé à date.
A noter que, selon les résultats des études menées et publiées par l’ONACC, ce sont 49 450 hectares de cultures qui ont été détruites entre 2019 et 2024 du fait des changements climatiques. Celles-ci causent des pertes économiques directes estimées à 140 milliards FCFA, dont 80% causées par les inondations.

