Au Cameroun, la Société nationale de mines (Sonamines) revendique à date, un portefeuille de 640 kg d’or collectés auprès des entreprises engagées dans l’exploitation minière dans le pays via l’Impôt synthétique minier libératoire (Isml). La valeur de cette collecte est estimée à 25 milliards de Fcfa. C’est ce qu’a révélé Serge Hervé Boyogueno, le Directeur général de cette entreprise publique à la télévision nationale le 26 septembre. Selon le dirigeant camerounais, « rendu au 31 juillet 2024, c'est-à-dire trois années après le lancement de la Sonamines (2021), ce sont 340 lingots d'or qui ont été transférés à l'Etat du Cameroun pour une masse d'environ 640 kg, évaluée à 25 milliards de Fcfa. »
Ce volume, comparé à la masse d’or déclarée par cette société d’Etat au 31 août 2023, qui était de 445 kg d’or brut collectés en 2 ans, est en hausse de 195 kg sur un an, soit une progression relative de 43,8% en glissement annuel. Pour la période allant de juillet 2021 à décembre 2022 précisément, ce sont 116 lingots correspondant à 218,5 Kg d’or qui ont été collectés par la Sonamines. Cette quantité aurifère a été rétrocédée à l’Etat via le ministre des Finances (Minfi) Louis Paul Motaze le 3 octobre 2023. Selon des sources gouvernementales, cette performance témoigne de la détermination de l'État du Cameroun à mieux valoriser ses ressources minières et à lutter contre l'orpaillage clandestin.
Cependant, l’activité de collecte d’or de la Sonamines via l’Isml reste confrontée à une difficulté majeure ; celle du manque de régularisation de son mandat spécifique pour la collecte dudit impôt délivré par l’administration fiscale, comme cela avait été acté pour l’ex-Capam. Il s’agit d’une disposition du Code minier camerounais qui prévoit que « l’Etat prélève un impôt synthétique minier libératoire de 25% de la production brute de chaque site dans le cadre de l’exploitation artisanale semi-mécanisée des substances précieuses et semi précieuses ».
En 2023, Serge Hervé Boyogueno avait confié que la Sonamines est capable de mettre à la disposition de l’Etat chaque année, une tonne d’or issue de la collecte de l’Isml et la canalisation, si elle est dotée des ressources nécessaires. Mais pour y parvenir, un certain nombre d’actions sont nécessaires. Il s’agit notamment : « d’habiliter la Sonamines, l’adoption d’une clef de répartition et la redistribution des quotes-parts des différentes parties prenantes, la reprise de l’activité de canalisation de l’or, la mise en place d’un fonds pour le financement de l’achat de l’or pour le compte de l’Etat et enfin, la valorisation du stock d’or collecté par son affinage conformément aux normes internationales en la matière », énumère l’entreprise publique.
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En canalisant l'or vers des circuits formels, la Sonamines contribue ainsi non seulement à renforcer les finances publiques, mais aussi à améliorer la traçabilité de ce métal précieux et à garantir des conditions de travail plus sûres pour les mineurs.
Rappelons que l’essentiel des activités extractives d’or au Cameroun ont lieu dans la région de l’Est (Bétaré Oya, Ngoura, Garoua Boulai, Batouri, Béké et Ndélélé) et dans la région de l'Adamaoua (Meiganga). Les industriels habilités du secteur ont été soumis a faire recours au système d’exploitation en vase clos pour optimiser le rendement des gisements miniers et réduire les risques liés à la dégradation de la nature.

