La Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (Csph) annonce avoir procédé à un recouvrement optimal de ses recettes d’exploitation, sans préciser le montant de la collecte. Elle souligne, néanmoins, que sa bonne moisson lui a permis de faire face au soutien du prix du gaz domestique au profit des populations. Au 30 septembre 2024, souligne-t-elle dans un communiqué à l’issue de la dernière session de son conseil d’administration, cette subvention s’élève à 27,718 milliards Fcfa. Calculette en main, ce soutien représente environ 2,7 milliards Fcfa par mois cette année. L’ardoise liée à cette subvention sera en baisse cette année, autour de 38 milliards Fcfa, les conditions du marché étant restées les mêmes au quatrième trimestre de l’année qui s’achève. En valeur relative, cette baisse sera d’environ 8% au 31 décembre, par rapport aux 42,5 milliards milliards Fcfa de l’année dernière. Le gendarme du marché des hydrocarbures n’explique pas cette situation pourtant avantageuse pour le trésor public. En effet, pour l’exercice qui s’achève, le gouvernement a budgétisé 43,6 milliards Fcfa pour la subvention du gaz domestique.
Sous réserve des chiffres actualisés, cette baisse de la subvention pourrait être corrélée à une augmentation de la production nationale de butane via la Société nationale des hydrocarbures (Snh) qui, depuis 2021, met directement à disposition des ménages au moins 700.000 bouteilles de 12,5 kilogrammes de gaz domestique chaque année. Dans l’hypothèse d’un renforcement des approvisionnements de la société en charge des hydrocarbures, le Cameroun ferait en effet des économies grâce notamment à l’élimination des surcoûts liés au transport et aux frais intermédiaires. Pour le second semestre 2024, la commission ad hoc chargée des importations des produits pétroliers que préside le directeur général de la Csph, Okie Johnson Ndoh, a lancé en juin dernier un appel d’offres en vue de la contractualisation des traders devant permettre l’importation de 60.000 tonnes métriques de gaz domestique, pour compléter à 120.000 tonnes représentant le volume de butane que le Cameroun achète chaque année à l’étranger pour couvrir 80% de ses besoins en la matière.
Pour mémoire, pour ce qui est des carburants à la pompe, l’Etat du Cameroun a prévu de dépenser 263 milliards pour soutenir la stabilité des prix en 2024 après la double augmentation de 40% en un an. Pour 2025, la loi de finances récemment votée au Parlement prévoit de réduire cette enveloppe de 15 milliards Fcfa. Pour le gaz domestique, en revanche, le gouvernement a opté pour le gel des prix.

