Le gouvernement camerounais et le Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) accélèrent la montée en compétences de la main-d’œuvre dans la région de l’Est. Un financement d’environ 3 milliards FCFA a été mobilisé pour la construction et l’équipement d’un Centre de Formation aux Métiers (CFM) à Bertoua. Ce vaste complexe entièrement financé par le C2D est destiné à renforcer l’accès des jeunes, hommes et femmes, à des formations qualifiantes adaptées aux besoins réels du tissu économique local. Plus de 98 % des travaux sont déjà achevés, après deux prolongations, et la réception est annoncée d’ici la fin de l’année.
Implanté sur plus de 11 hectares dont 6 hectares de surface utile, le futur centre ambitionne de devenir l’un des pôles publics de formation professionnelle les plus importants de la région. Le plan architectural comprend dix bâtiments constitués de salles de classe et espaces techniques, ainsi que cinq ateliers dédiés à la transformation animale et végétale, aux métiers du bois (aciéries, ébénisterie et affûtage), à la maintenance et à d’autres filières industrielles. Cinq marchés attribués sont en cours d’exécution pour l’acquisition des équipements des ateliers et l’électrification du centre, avec une livraison prévue d’ici décembre 2025.
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À pleine capacité, le CFM pourra accueillir près de 200 apprenants et proposera une offre structurée autour de formations initiales et continues, en présentiel ou à distance, en cours du jour, du soir ou en alternance. Les filières ciblent des besoins immédiats du marché : Opérateur de Transformation des Produits Animaux (OTPA), Opérateur de Transformation des Produits Végétaux (OTPV), menuisier ébéniste, charpentier, conducteur d’opérations de scierie ou encore affûteur. L’accès est ouvert aux titulaires de niveaux 3e AEG, 4e AET, CAP, BEPC ou statut d’ouvrier qualifié.
« L’objectif visé par la mise en œuvre de ce projet est de développer et de diversifier l’économie des zones rurales, ainsi que l’accès des jeunes à l’emploi, en améliorant l’offre de formation professionnelle en faveur des métiers non agricoles en milieu rural et en concertation étroite avec les acteurs économiques », explique un cadre du projet. Lequel s’inscrit dans un contexte socio-économique marqué par de fortes disparités régionales en matière d’emploi. Selon un rapport 2022 de l’Institut National de la Statistique (INS), l’Est affiche l’un des taux d’emploi les plus élevés du pays (62,8%), porté notamment par les secteurs primaires et informels. Mais paradoxalement, la région enregistre aussi une durée moyenne dans l’emploi inférieure à la moyenne nationale (3 ans et 6 mois) et le taux le plus élevé d’emploi d’enfants de 10 à 17 ans non qualifiés (9,8%).

