Le Centre d’analyse et de recherche sur les politiques économiques et sociales du Cameroun (Camercap-Parc) vient de publier sa note de veille économique et stratégique du mois d’avril portant sur l’« Ingénierie financière et financement alternatif des économies africaines : quelle efficacité économique du marché financier d’Afrique centrale ? ». Dans ce document, un focus a été fait au Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique (Planut).
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Sur ce projet d’urgence lancé en décembre 2014 et sensé s’achever en 2017, le Camercap-Parc propose d’ « engager un audit profond et reformater le projet si l’idée devrait être maintenue », peut-on lire dans le document. La proposition du Camercap découle de plusieurs constats. Le rapport évoque tout d’abord les performances du plan : « conçu comme un projet d’urgence, Le PLANUT au Cameroun a connu des succès en demi-teinte et plusieurs difficultés. Certains projets ont rencontré des retards et des obstacles dans leur mise en œuvre, en raison de problèmes de coordination, de financement et de capacités.», peut-on lire.
Ensuite, se classe la durée du plan qui a déjà près de dix ans d’existence. Lancé en décembre 2014 par le chef de l’Etat, le Planut devait s’achever en 2017, or « on n’a pas d’indications en 2024 sur la fin du PLANUT », relevé le rapport du Camercap. Cette affirmation peut se confirmer quand on sait que pour l’exercice budgétaire 2024, le gouvernement entend débloquer la somme de 62,4 milliards de Fcfa pour l’achèvement des projets compris dans le Planut.
Enfin le rapport envoque la question financière. Depuis son lancement en 2014, le Planut a, selon le document déjà bénéficié d’environ 565 milliards de Fcfa pour sa mise en œuvre via des emprunts contractés par l’Etat auprès d’un pool bancaire local et des institutions financières internationales. A cela s’ajoute environ 100 milliards de Fcfa issus des différents emprunts obligataires de Cameroun.
Des indicateurs qui pourraient pousser la réflexion sur l’efficacité de ce Plan qui avait pour objectif de d’accélérer la mise en œuvre du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce). Ceci par des investissements dans des secteurs tels que l’aménagement urbain, l’habitat, la santé, l’agriculture, l’élevage, les infrastructures routières, l’eau, l’énergie et la sécurité.
Des avancées enregistrées malgré tout
Bien que jusqu’à date ‘exécution du Planut est en demi-teinte, des avancées dans sa réalisation sont cependant enregistré depuis son lancement. Le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, en avait d’ailleurs fait une exquise lors de la présentation du Programme économique, financier, social et culturel du gouvernement pour 2024 devant les Parlementaires, en novembre 2023.
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Sur le volet infrastructures routières on peut citer la construction totale des routes Mandjou-Akokan-Batouri et Maroua-Bogo. Sur le volet développement urbain le PM a cité la réhabilitation et la construction des voiries secondaires dans les villes de Yaoundé et Douala ; la construction de 100 logements sociaux et équipements socioculturels associés à Buea.
Pour ce qui est du volet sanitaire on peut citer la construction des Centres hospitaliers régionaux de Ngaoundéré et de Bertoua. Sur le segment de l’eau et de l’énergie le bilan à fin novembre fait état de la construction des 900 forages et 19 adductions d’eau potable dans les dix régions du pays, la réalisation de 588 forages dans le Septentrion, notamment. S’agissant des volets agriculture et aménagement du territoire on a la mise en place d’agropoles et l’aménagement de périmètres hydro-agricoles.
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Rappelons que 9 départements ministériels sont concernés par la mise en œuvre du Planut. On peut citer entre autres les ministères de l’Economie, des Travaux publics, de l’Agriculture et du développement rural, de la Santé, de l’Eau et de l’énergie, de l’Elevage des pêches et de l’industrie animale, de l’Habitat et du développement humain. Deux administrations sont aussi prises en compte la Direction générale à la sureté nationale et le Secrétariat d’Etat à la défense.

