Le 24 avril 2023, le président de la République, Paul Biya, a signé un décret fixant la répartition par catégorie des 150 membres du Conseil économique et social (CES). Ces membres qui forment l’assemblée plénière de cette institution publique sont, selon l’esprit du même texte, choisis dans 8 catégories dans les professions libérales (6 membres), syndicats (6 membres), les associations (6 membres), l’industrie, le commerce et l’artisanat (18 membres) membres, l’économie, le développement social, l’emploi, l’éducation, la presse, la recherche scientifique et technique, l’environnement et le développement durable…(66 membres), l’agriculture, les pêches et l’élevage (24 membres), les banques et le crédit (12 membres), etc.
Cette assemblée est formée « dans le respect des équilibres linguistiques, régionaux et de genre », et ses membres doivent jouir d’une expertise avérée chacun dans son activité. La signature de ce décret prévu par la loi du 12 juillet 2017 qui restructure le Conseil économique et social en enrichissant ses missions, de même qu’il lui donnait une nouvelle coloration, allumait les signaux d’une remise sur orbite incessante de cette institution jadis centrale dans la planification à moyen et long termes, avec un ancrage sur l’environnement, intégré parmi les secteurs sur lesquels il peut émettre des avis à la faveur de sa réorganisation de 2017.
Qui plus est, ce décret avait été précédé, le 20 juillet 2018, de la nomination d’un nouveau secrétaire général, en la personne de Zacharie Ngoumbe. Cet économiste et ingénieur statisticien a précédemment assuré les fonctions de directeur des transports routiers, puis d’inspecteur général au ministère des Transports. Mais, un an après, c’est le statu quo. Le CES poursuit sa longue hibernation et continue, bien que dotée d’un budget annuel de près de 2 milliards de Fcfa, de jouer le rôle décoratif qui lui a été assigné à partir de 1986, consécutivement à la suppression des plans quinquennaux. Une mise à l’écart qu’a déjà eu à déplorer le Centre d’analyses et de recherche sur les politiques économiques et sociales du Cameroun (Camercap), un think tank proche du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat). Créée par l’article 54 de la Constitution de 1972, le Conseil économique et social a en effet été la cheville ouvrière dans la planification du développement au Cameroun dans les années 1970 avant de sombrer suite à la survenue de la crise économique du milieu des années 1980.
Son organe essentiel qu’est l’assemblée plénière, formée de 150 membres issus de toutes les catégories socioprofessionnelles du pays, a vocation à donner des avis techniques sur les questions d’envergure dont elle serait saisie de la part du président de la République ou du Premier ministre. Sauf que l’institution a cessé d’être consultée depuis plus de trois décennies. Depuis trois ans, pourtant, le CES s’est doté d’un nouveau siège à l’architecture futuriste, situé en plein cœur du nouveau quartier administratif de Yaoundé. Coût de l’investissement : 44 milliards Fcfa. L’inauguration de ce complexe administratif ultramoderne construit sur 3,8 hectares, annoncée pour décembre 2021, a été reportée sine die par la présidence de la République.

