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Cameroun : le gouvernement annonce le démarrage de la construction du prolongement du chemin de fer Ngaoundéré-N’Djamena au second semestre 2025

Financé par la Banque Mondiale à hauteur de 275,9 millions d’euros, soit plus de 180 milliards de Fcfa, pour améliorer le trafic sur le corridor rail/route Douala-N'Djaména, les pouvoirs publics affirment que les études de faisabilité y afférentes ont été réalisées, les financements sont disponibles et les Appels d’offres sont en cours de lancement.

Publiée vendredi 27 décembre 2024 à 20:07:39Modifiée vendredi 27 décembre 2024 à 20:07:42Temps de lecture 3 minPar Albert AMOUGOU

Une image du chemin de fer camerounais

Le 26 décembre dernier à Yaoundé, lors de la 43e session du Comité interministériel des infrastructures ferroviaires (Comifer), présidée par le ministre des Transports Jean Ernest Masséna Ngallè Bibèhè, le gouvernement camerounais a annoncé le lancement du projet d'amélioration du corridor rail/route Douala-N'Djaména. Ce projet stratégique, financé en grande partie par un prêt de la Banque Mondiale de plus de 275 millions d'euros (soit plus de 180 milliards de Fcfa), vise à moderniser le réseau ferroviaire camerounais et à renforcer l'intégration régionale. Selon des sources autorisées, les travaux, qui devraient débuter au second semestre 2025, porteront notamment sur le prolongement du chemin de fer Ngaoundéré-N’Djamena ainsi que sur le renouvellement des lignes Bélabo-Ngaoundéré (330 Km) et Douala-Yaoundé. Ces investissements majeurs permettront d'améliorer significativement la sécurité, la vitesse et la capacité de transport sur cet axe vital pour l'économie camerounaise, tout en créant de nouvelles opportunités économiques pour les populations locales.

Lire aussi : Transport des marchandises : la Guinée Equatoriale ouvre les ports de Bata et Ebibeyin au Tchad

Dans le détail, le projet de construction du prolongement du chemin de fer N'goundéré-N'djamena est divisé en trois sections principales : Section 1 : Ngaoundéré-Koutéré-Moundou (385 km) ; Section 2 : Moundou-Djoumane-Bongor (228 km) ; Section 3 : Bongor-Mailem-N'Djamena (265 km). Une étude économique approfondie réalisée en 2022 par le Programme d'Infrastructure pour l'Afrique (PIDA) qui a globalement estimé le projet ferroviaire Cameroun-Tchad à 5 596 millions d'euros (soit plus de 3 600 milliards de Fcfa), sur un tracé de 878 km, a révélé un taux de rentabilité interne (TRI) global de ce projet de 16%, supérieur au coût d'opportunité du capital fixé à 12%, indiquant une forte rentabilité économique du projet à l'échelle des deux pays. Plus précisément, le TRI est estimé à 20% pour le Cameroun et à 12% pour le Tchad.

Pour ce qui est spécifiquement du linéaire Belabo-Ngaoundéré (330 km) qui fait partie du corridor, les financements ont été bouclés en août 2023. Le projet devrait globalement coûter près de 164 milliards de Fcfa car, le Cameroun a obtenu en 2021, un financement concessionnel de 80,7 milliards de Fcfa (soit un prêt de 69,5 milliards de Fcfa de la BEI et 11, 2 milliards de Fcfa de subvention de l’UE). Quant à Douala-Yaoundé, des détails sur le financement sont à déterminer.

Une stratégie au cœur de la bataille des ports ?

Il est important de souligner que la volonté du gouvernement camerounais d'accélérer la modernisation du corridor rail/route Douala-N'Djaména s'inscrit dans un contexte concurrentiel de plus en plus marqué. En effet, l'accord récemment signé entre le Tchad et la Guinée Équatoriale, qui facilite notamment le transit de marchandises tchadiennes (traditionnellement acheminés via le Port de Douala), vers les ports de Bata et Ebibeyin, pourrait entraîner une importante diversion des flux commerciaux tchadiens. En effet, selon les estimations, cette concurrence pourrait représenter une perte annuelle de plus de 300 milliards de Fcfa pour l'économie camerounaise. Face à ce défi, le Cameroun devrait mettre en œuvre des stratégies ambitieuses pour renforcer l'attractivité du corridor et préserver ses parts de marché dans le commerce régional. En modernisant la ligne reliant Ngaoundéré à N'Djamena, le pays espère non seulement préserver son marché traditionnel mais également attirer de nouveaux flux commerciaux, en tirant notamment profit des droits de transit.

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