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Cameroun: le gouvernement et les syndicats en pourparler pour un Smig entre 40 000 F à 100 000 F

Les différentes propositions qui vont de 40 000 F à 100 000 F ont été soumises à la sanction de la Commission nationale consultative du travail qui va fixer dans les prochains jours, le montant plancher en termes de rémunération salariale.

Le salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) va connaître une augmentation. C’est la mesure principale qui a sanctionné la séance de travail organisée jeudi 16 juin 2022 dans les services du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, dans le but de recueillir des propositions relatives à cet objectif. Grégoire Owona, le patron des lieux, a trouvé un accord avec les représentants syndicaux des entreprises et des travailleurs pour le relèvement du Smig. Le montant exact de cet ajustement haussier n’a pas été dévoilé. A en croire certains leaders syndicaux qui étaient présents à cette réunion, les différentes propositions formulées lors des travaux à huis clos vont être évaluées par la Commission nationale consultative du travail qui, à terme, va choisir le montant le plus adapté au contexte économique actuel.

 La base de négociation a été fixée à 40 622 Fcfa, soit une augmentation de 12% par rapport au smig actuel qui s’élève à  36 270F, avec un seuil de 100 000 Fcfa. «Toutes les parties sont d’accord pour que le Smig soit augmenté. Que ce soit les employeurs ou les travailleurs, les propositions ont été déposées sur la table du gouvernement. Les propositions vont de 40 000 Fcfa à 100 000 Fcfa. On va envoyer tout ça à la commission consultative du travail qui va donc arrêter le montant à augmenter. Le Smig va augmenter, mais de combien? C’est là la question. Le souhait des travailleurs c’est qu’on ait un Smig qui peut faire en sorte que celui qui a le plus petit salaire puisse vivre décemment. Mais je crois que ça va avoisiner entre 60 000 Fcfa et 80 000 Fcfa», a indiqué Isaac Bissala, président de l’Union générale des travailleurs du Cameroun.

Lire aussi : Assemblée nationale: le débat sur l’augmentation du Smig s’invite au parlement 

Souhaits des syndicalistes

Bien que suspendu aux lèvres des membres de la Commission nationale consultative du travail, à qui revient la décision finale, la majorité des représentants syndicaux des entreprises et des travailleurs ont marqué leur préférence pour un Smig fixé à 100 000 Fcfa. A en croire ces derniers, c’est la seule alternative viable qui peut permettre au travailleur moyen de vivre décemment. «Nous les travailleurs, nous proposons que le Smig soit à 100 000 Fcfa. Pas parce que nous partons dans l’air. Nous nous fondons  sur deux paramètres. Le premier paramètre c’est ce qu’une personne, prise seule doit avoir en un mois, pour pouvoir vivre au niveau du seuil de pauvreté. Nous partons des statistiques fournies par l’Institut national des statistiques (INS) qui disent qu’un pauvre au Cameroun a besoin de 931 FCFA pour vivre. L’Ins dit également qu’une famille moyenne au Cameroun a 4,5 personnes. Si on prend 25 et qu’on le multiplie par 4,5 et 931 Fcfa ça donne 104 000 FCFA. Partant de cela, nous avons estimé qu’un Smig à 100 000 Fcfa en moyenne est le meilleur», a indiqué un représentant du Cameroon Workers Forum,  un regroupement de 8 confédérations de travailleurs.

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Position du gouvernement

Grégoire Owona est beaucoup plus modéré. S’il a marqué son accord pour un rehaussement du Smig, il estime tout de même que cette augmentation ne doit pas faire fi des réalités socio-économiques actuelles. Concrètement, le membre du gouvernement préconise que le salaire plancher qui sera fixé par la Commission nationale consultative du travail soit précédé par une évaluation minutieuse des critères de soutenabilité. «Les échanges de ce jour s’inscrivent dans la continuité de la série de consultations engagées avec vous (responsables syndicaux, ndlr) il y a peu. Le gouvernement est bien conscient des enjeux et surtout du critère de soutenabilité économique du Smig. C’est pourquoi il a opté pour cette démarche qui se veut méthodique, rigoureuse et constructive. Il s’agit de concilier les intérêts économiques et sociaux, de manière réaliste avec l’accroissement de la productivité et la promotion du travail décent», a déclaré le ministre du Travail.

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