Le gouvernement camerounais a réagi lundi soir au décès en détention de l’opposant Anicet Ekane, annonçant l’ouverture d’une enquête pour déterminer “les circonstances et les causes réelles” de sa mort, survenue au Centre médical militaire de la Gendarmerie nationale à Yaoundé.
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Dans un communiqué, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, affirme que M. Ekane, 74 ans, est décédé “des suites de maladie” et qu’il souffrait “de diverses pathologies avant sa mise en détention”. Le leader du Manidem, arrêté le 24 octobre à Douala à la veille de la publication des résultats de la présidentielle, était placé en garde à vue judiciaire.
Le gouvernement assure que l’opposant “a bénéficié de soins appropriés”, dispensés à la fois par le corps médical militaire et par “ses médecins personnels”. Il appelle au “calme”, à la “retenue” et met en garde contre toute “instrumentalisation” susceptible de troubler l’ordre public.Plus tôt dans la journée, le ministère de la Défense avait publié une première réaction similaire, indiquant que M. Ekane était “pris en charge de manière appropriée” depuis son internement, et réaffirmant qu’une enquête avait été ouverte conformément aux procédures en vigueur.
La nouvelle a également suscité une réaction de la Délégation de l’Union européenne au Cameroun et pour la Guinée équatoriale, qui s’est dite « profondément attristée » par le décès d’Anicet Ekane. L’UE a présenté ses condoléances à sa famille et à son parti, saluant en lui un « militant engagé » et une figure importante du pluralisme politique camerounais depuis les années 1990. Elle dit « prendre note » de l’annonce d’une enquête faite par le ministère de la Défense, tout en rappelant sa déclaration du 28 octobre appelant les autorités à garantir l’intégrité physique de tous les acteurs politiques. La Délégation a réitéré son appel à la libération des personnes détenues « arbitrairement » depuis l’élection présidentielle.
Le vice-président du Manidem, Valentin Dongmo, avait déclaré à l’AFP plus tôt dans la matinée que le parti ne disposait d’“aucune information” sur les causes exactes du décès. M. Ekane, figure de la gauche nationaliste et soutien de l’opposant Issa Tchiroma Bakary, avait été interpellé dans le cadre d’une enquête ouverte par le Tribunal militaire pour des “infractions graves”, selon les autorités.

