Le 1er avril 2026 à Yaoundé, le ministre de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), Gaston Eloundou Essomba, a ouvert les travaux de la table ronde consacrée au « Compact National Eau du Cameroun ». Ce document stratégique, conçu par l’État, constitue la nouvelle boussole pour engager les réformes structurelles du secteur et lever les verrous qui paralysent l'accès à cette ressource vitale.
Pour moderniser les infrastructures et viabiliser le secteur, le ministre chiffre le budget prévisionnel de ce Compact à 2 426 milliards FCFA. Si certains projets intégrés au document bénéficient déjà d'un soutien de 965 milliards FCFA de la part de la Banque mondiale et d'autres partenaires financiers, un gap substantiel de 1 461 milliards FCFA reste à combler. L’enjeu de cette rencontre est donc double : présenter cette nouvelle politique publique aux bailleurs de fonds (Banque mondiale, BAD, Unicef, ONG) et recueillir des engagements financiers concrets pour financer ce plan de réformes.
Le constat dressé par le MINEE est sans appel : « malgré les exactions inlassables du gouvernement, de nombreux efforts restent à faire pour garantir un accès fiable, abordable, équitable et durable à tous à l’eau potable en qualité et en quantité ainsi que les services d’assainissement. Pourtant, notre pays dispose d’une importante ressource estimée à environ à 610,8 milliards cube/an donc 62 en eau souterraine. Malheureusement, ces ressources restent inégalement réparties, mal exploitées et fortement exposées aux effets des changements climatiques et à une forte expansion démographique », a déploré le membre du gouvernement.
Les statistiques récentes soulignent également l'ampleur des défis. Selon l'enquête nationale de 2021 (MINEE/INS), la proportion des ménages ayant accès à un service élémentaire d’alimentation en eau est de 60 % en milieu rural et de 92 % en milieu urbain. Toutefois, ces chiffres cachent une réalité précaire : ces usagers mettent parfois plus de 30 minutes pour atteindre un point d'eau. En zone urbaine et périurbaine, le potentiel de raccordement est largement sous-exploité avec seulement 541 395 abonnés actifs pour un bassin estimé à 2 millions de clients potentiels. Alors que le taux d’accès à l’eau potable culmine à 77 % aujourd'hui, l’objectif du gouvernement est d’atteindre au moins 90 % d’ici 2030, conformément aux ambitions de la Stratégie nationale du gouvernement (SND30).
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