« Il nous faut résoudre un certain nombre de problèmes qui freinent le décollage effectif de notre agriculture dite de seconde génération parmi lesquels l’insuffisance qualitative et quantitative des variétés des semences aux différentes écologies ». Tel est l’aveu de Gabriel Mbairobe, le ministre camerounais de l’Agriculture et du développement rural (Minader) le 8 juillet 2024 à Yaoundé ce, malgré la validation depuis 2021, du Plan national des semences agricoles lui-même une déclinaison de la Politique nationale des semences végétales de 2018.
Pour inverser la tendance le Minader à travers le projet de développement des chaînes de valeurs de riz, vient de parapher avec l’Institut de recherches agricoles pour le développement (Irad) un protocole de deux accords dont l’un sur la fourniture des variétés adaptées de semences de riz et l’autre sur la formation des coopératives de production des semences certifiées de riz.
Lire aussi : Agriculture : la BID débloque 51 milliards en faveur du Cameroun pour booster la production de riz
Ces conventions, apprend-on, s’étendent sur une durée de 03 ans et vont se matérialiser dans les régions de l'Extrême-Nord, du Nord-Ouest et de l’Ouest. Le gouvernement s’engage ainsi à mettre à la disposition de l’Irad, un montant de 1,172 milliard de Fcfa soit environ 1,8 million d’euros. Dans le détail, pour relever le déficit de production de riz estimé à environ 450 000 tonnes par an, les protocoles d’accord entre les deux parties devraient entre autres donner lieu à : la formation de 150 formateurs de formateurs ; formation de 12 coopératives et les entreprises privées ; la mise en place des champs écoles paysans dans les sites d'exécution du projet ; la production de 09 tonnes de variétés adaptées de semences de base, etc.
Produire 6 000 tonnes de semences par an
Il faut dire que ces initiatives entrent dans le cadre de la stratégie de développement de la filière riz (SDR) qui projette une production de semences certifiées de riz par an. Ce qui, projette le gouvernement, premettra d’atteindre une production de 750 000 tonnes de riz blanc en 2030 contre à peine 190 000 tonnes à date. A en croire le ministre de l’Agriculture, le projet de développement de la chaîne de valeurs du riz prévoit augmenter de 45 000 tonnes de riz an dans un délai relativement court. Toutefois, le résultat obtenu dans le cadre de ce programme gouvernemental n’aura pas permis de franchir les 460 000 tonnes attendues en 2027 d’après dans le Document de programmation économique et budgétaire encore moins les 750 000 tonnes de riz projetées en 2030. Mais il faudrait encore compter sur la contribution de la Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry) dans l’Extreme-Nord de la Upper Noun Valley Development Authority (Undva) au Nord-Ouest et bien d’autres projets dont les objectifs de production ne sont cependant pas clairement spécifiés.
En attendant les résultats palpables à court ou du moins à moyen terme sur le terrain moyennant la réduction des importations massives de riz, le diagnostic posé par les pouvoirs publics fait état de « la faible professionnalisation et structuration de producteurs semenciers ; le faible rendement des variétés existantes : 2,3 tonnes/hectare pour le riz pluvial et 5 tonnes/ ha pour le riz irrigué (contre des prévisions de 4 tonnes de riz pluvial et 12 tonnes de riz irrigué sur deux récoltes par an, Ndlr) », fait savoir le membre du gouvernement.

