Les céréales au cœur des préoccupations alimentaires du gouvernement camerounais ? Jeudi dernier, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), Gabriel Mbaïrobe a semblé le souligner à grands traits lors du lancement de la campagne agricole, depuis la localité de Poli, dans la région du Nord. Une région de grande consommation des céréales, comme celles voisines de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua, toutes trois réunies encore appelées le Septentrion.
Les services techniques du Minader, comme avec la météorologie, prédisent une production annuelle nationale de 3.308.712 tonnes de céréales, contre 2.359.218 tonnes en 2025. Le Septentrion seul pourrait produire plus de 1,2 million de tonnes. Soit 37% de la production prévisionnelle totale. Ce, faut-il le préciser, sur une surface un peu plus grande : 1.023.307 hectares cette année contre 887.238 hectares en 2025.
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Le maïs viendrait alors en tête avec 746.000 tonnes contre 686.000 tonnes un an plus tôt. Le sorgho devrait, selon le Minader, avoisiner les 280.000 tonnes, soit une hausse de 25%. La production de riz, l’un des aliments les plus consommés au Cameroun, aliment que Gabriel Mbaïrobe a présenté comme une filière stratégique de la politique d’Import-substitution, va bondir de 34,5% avec ses 188.525 tonnes envisagées.
Dans la hotte agricole du Minader, l’on retrouve également des prévisions sur la production des arachides, du soja, des oignons ou de la tomate. Les arachides passeraient à plus de 307.000 tonnes tandis que le soja atteindrait les 108.000 tonnes. Les oignons, très cultivés dans le Septentrion monteraient à 213.000 tonnes contre 14.400 tonnes seulement pour la tomate, entre autres produits agricoles répertoriés par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural.
Autosuffisance alimentaire
Il faut préciser que la campagne agricole 2026 a été lancée le 13 mars dernier à Bamougoum dans la commune de Bafoussam III, région de l’Ouest, pour le compte de la partie méridionale qui couvre les sept autres régions du Cameroun. Un deuxième lancement dans le Septentrion où, selon les autorités camerounaises, l’agriculture revêt un enjeu stratégique. En plus d’abriter les régions les plus pauvres du Cameroun, il semble plus exposé à l’insécurité alimentaire.
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Selon l’Organisation non gouvernementale (ONG) Geenpeace, l'insécurité alimentaire dans le Septentrion (particulièrement dans la région de l'Extrême-Nord) atteint des niveaux critiques, touchant près de 3 millions de personnes. Cette crise est exacerbée par les attaques armées de Boko Haram, les déplacements massifs de populations, et des chocs climatiques extrêmes (sécheresses et inondations) qui détruisent les récoltes.
Justin Blaise Akono

