« Le poste de Vice-président est désormais institué au Cameroun ». C'est par ces mots que le Très Honorable Théodore Datouo, président de l’Assemblée nationale, qui présidait les travaux du 6e Congrès du Parlement, a clos la session ce 4 avril 2026 au Palais des Verres de Yaoundé.
Réunis en Congrès depuis le 2 avril à la demande du chef de l’État, les députés et sénateurs ont rendu leur verdict : 200 parlementaires ont voté en faveur de la création du poste de Vice-président contre 18 voix opposées et 4 abstentions. Ce vote consacre la révision de certaines dispositions de la Constitution du 14 avril 2008, laquelle avait déjà modifié la loi fondamentale de 1996. Si l'adoption a été facilitée par l'écrasante majorité du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) ; parti au pouvoir dans les deux chambres, l'opposition a tenté de faire entendre sa différence. L’honorable Douvaouissa Issa de l'UNDP a marqué son désaccord, tandis que l’Union démocratique du Cameroun (UDC), par la voix de l’honorable Koupit Adamou, a proposé des amendements de fond : « avant d’entrer en fonction, le Vice-président de la République prête serment devant le Parlement réuni en Congrès », a-t-il soutenu, plaidant également pour que ce dernier soit élu en tandem avec le président de la République. De leur côté, Cabral Libii (PCRN) et Joshua Osih (SDF) ont réitéré des demandes quasiment axées sur un mandat « renouvelable une seule fois ».
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Cependant, la surprise est venue des rangs du pouvoir. Bien que le texte ait été adopté à la virgule près à la fin, l'intervention de René Ze Nguelé a provoqué une onde de choc. Sur un ton ferme, dépassant largement son temps de parole, le doyen d’âge du Sénat a exprimé son courroux : « si le président veut un vice-président, qu’il le dise, qu’il nous dise ce qu’il va faire à ses côtés. Il ne peut pas dire : je le recrute aujourd’hui, le lendemain si je veux, je l’enlève. Ah non, ça ne peut pas aller. Ça veut dire qu’il y a quelque chose qu’on cache », s’est-il offusqué, avant de conclure que « la manipulation des institutions et les scrutins sont les maladies qui tuent les pays africains ». Une sortie mémorable qui souligne les interrogations entourant les modalités de nomination et de révocation de ce futur successeur constitutionnel.
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