Après la prorogation des députés et la levée du plafond limitant le report des municipales, le Cameroun ouvre une séquence constitutionnelle décisive. Réuni en Congrès dès le 2 avril, le Parlement pourrait à la fois sanctuariser le nouveau calendrier électoral et introduire un poste de vice-président, relançant les spéculations sur la succession au sommet de l’État.
Le Cameroun s’apprête à entrer dans une séquence institutionnelle majeure. Réuni en Congrès à partir du 2 avril au Palais des verres Paul Biya de Yaoundé, le Parlement examinera un projet de révision de la Constitution initié par le président Paul Biya. L’arrêté de convocation signé ce jour par le président de l’Assemblée nationale, Théodore Datouo, évoque explicitement une réunion « à l’effet de modifier certaines dispositions de la Constitution », sans détailler le contenu du texte. Mais selon plusieurs sources concordantes, la réforme devrait ouvrir la voie à la création d’un poste de vice-président, hypothèse régulièrement évoquée dans les cercles politiques depuis plusieurs années.
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Cette initiative intervient dans la foulée de deux mouvements législatifs majeurs. D’une part, le mandat des députés a déjà été prorogé jusqu’au 20 décembre 2026 par une loi distincte. D’autre part, le gouvernement a déposé un projet de loi modifiant l’article 170 du Code électoral afin de supprimer tout plafond à la prorogation du mandat des conseillers municipaux, jusque-là limité à 18 mois. Ensemble, ces textes ont déjà profondément redessiné le calendrier électoral de fin d’année.
Vice-présidence et succession
Au-delà du calendrier, c’est surtout l’hypothèse de l’introduction d’un vice-président qui concentre l’attention. Dans le système actuel, l’intérim présidentiel est assuré par le président du Sénat en cas de vacance du pouvoir. L’institution d’un vice-président modifierait en profondeur la mécanique de succession au sommet de l’État, dans un pays où la question de l’après-Biya nourrit depuis plusieurs années les spéculations politiques.
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Selon les informations publiées ce matin par Jeune Afrique, les travaux pourraient s’étendre sur trois jours, avec commission spéciale paritaire, avant une adoption finale en plénière. Sur le plan arithmétique, l’issue du vote ne laisse guère de suspense : la majorité présidentielle dispose des deux tiers requis par l’article 63 de la Constitution.
Débats potentiellement houleux
Reste cependant la bataille politique. Les débats de ces derniers jours sur la réforme du Code électoral ont déjà révélé de fortes crispations. Plusieurs députés de l’opposition dénoncent un dispositif qui conférerait au chef de l’État un pouvoir excessif sur le contrôle du calendrier électoral, certains exigeant l’intégration d’amendements alternatifs.
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