Le 7 mai 2026, le Port autonome de Kribi (PAK) a lancé un appel d’offres national pour viabiliser 20 hectares supplémentaires dans son site de Mboro. Ce projet, estimé à 3,5 milliards FCFA, vise à renforcer les infrastructures pour accueillir des investisseurs industriels et logistiques dans la zone de Mboro. Financés par le budget triennal 2026-2028 du PAK, les travaux s’étaleront sur une période d'un an. Le cahier des charges prévoit la création d'un réseau électrique aérien (30 KV) avec poste transformateur, alimentation souterraine et adduction en eau potable, le déploiement de la fibre optique, liaisons radio et systèmes de sécurité télécoms, ainsi que la construction de routes (chaussées, trottoirs), le drainage des eaux pluviales, le traitement des eaux usées et installation de lampadaires solaires autonomes.
Précisons que la viabilisation des 20 hectares du site de Mboro n’est pas anodin. Malgré une réserve foncière immense de 15 000 hectares répartis entre zones d'industries lourdes, légères et de services, le PAK fait face à un goulot d'étranglement opérationnel. À ce jour, seuls 196 hectares sont exploités, soit moins de 2 % du potentiel total, limitant ainsi les capacités d’accueil des entreprises. Selon les données de l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP), sur 150 demandes d'installation des entreprises, seules 48 Autorisations d'Occupation Temporaire (AOT) ont pu être délivrées.
Le projet s’inscrit également dans la continuité du lancement officiel, le 26 février 2026 à Yaoundé, de la Kribi Port Industrial Zone (KPIZ). Ce projet prévoit l’aménagement et la gestion de 4 000 hectares de terrains industriels intégrés au domaine portuaire, pour un investissement global évalué à près de 795 millions d’euros. Le consortium retenu associe le PAK à trois partenaires privés de premier rang : Africa Global Logistics (AGL), Arise Integrated Industrial Platforms et Belmont Investments. La Banque africaine de développement (BAD) s’est positionnée comme chef de file du financement public, avec un engagement de 411 millions d’euros, complété par un volet privé de 384 millions d’euros. La viabilisation des 20 hectares pourrait permettre d’accueillir rapidement de nouvelles entreprises pendant que les travaux d’aménagement à grande échelle se mettent en place sur les 4000 hectares.

